Miroir du rugby
Mes parents étaient communistes et mon père, bien que grand passionné de rugby, je n’ai jamais vu Miroir du rugby à la maison. Or comme La Terre, Pif, L’Humanité que nous lisions, je viens d’apprendre que Miroir du rugby appartenait aussi à la presse communiste.
Ma surprise est la suivante ; aujourd’hui pour acheter un ancien numéro de Miroir du Rugby il faut environ 30 euros (10 euros pour un numéro équivalent de Paris Match) donc ce devait être une bonne référence, et en effet il était dirigé par un grand joueur de rugby, Robert Barran. J’en conviens ce journal comme la presse communiste dans son ensemble (sauf L’Humanité) n’a jamais bénéficié de soutiens institutionnels comme dans les bibliothèques par exemple. Qui pouvait concurrencer Miroir du Rugby ? Le Midi Olympique bien sûr et au quotidien, l’Equipe. Une bonne explication de son échec ?
Jean Claude Michéa qui aurait pu s’intéresser surtout au Miroir du Cyclisme où opérait son père, se passionnait en fait pour le football et donc pour le Miroir du Football (ces trois journaux étaient héritiers de Miroir Sprint). Il indique à propos de Miroir du Football[1]. « Fondé en 1959, Le Miroir du football, magazine à l’audience internationale, qui refusait de disjoindre l’analyse tactique du jeu de la critique sociale et politique, est sans doute la plus remarquable revue qui ait jamais été consacré au football. Et ce n’est pas un hasard s’il fut supprimé en 1976 par son propriétaire institutionnel, le Parti communiste français. On ne pardonnait pas à Thébaud [son dirigeant] et à ses camarades leur fidélité intransigeante au «4-2-4» brésilien, inventé au début des années cinquante par cette subtile équipe magyare qui offrit au monde le plus beau football jamais pratiqué et fut décimé en 1956 lors de l’écrasement de la Révolution hongroise.»
Le «4-2-4» c’est le foot offensif opposé au foot surtout défensif.
Une juste explication que l’on peut relier au rugby ? En tout cas une réflexion utile. Ajoutons que Michéa célèbre l'équipe de Hongrie malheureusement dessimée par ce qu'il appelle "une révolte populaire en 1956"' tuée par le stalinisme. Jean-Paul Damaggio
