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Vie de La Brochure
14 avril 2021

Départementales dans l’Aude : Partage des postes à gauche

coeur rouge

C’est officiel dans l’Aude, PS-PRG-PCF-EELV-Nouvelle Donne-Génération.s ont passé un accord pour des candidatures communes aux élections départementales comme le montre l’article de La Dépêche. Je pense que d’autres départements vont faire de même. L’existence de binômes permet plus facilement une telle opération. Comment vont réagir les électrices et les électeurs ? Il se trouve qu’au même moment pour la présidentielle le PCF lance sa campagne propre. Comment comprendre ? Seul le FN-RN a la même stratégie pour toutes les élections et pour moi c’est une des raisons de sa persistance électorale qui, ceci étant, lui accorde peu de victoires. Pour ma part une telle union avant même le premier tour, dont tout le monde sait qu’elle est seulement électoraliste (on a vu comment la liste Archipel à Toulouse s’est étripée peu après les résultats pourtant très bons), n’est pas de nature à redonner un élan aux forces démocratiques. J-P Damaggio. 

La Dépêche Publié le 13/04/2021

Les responsables audois du Parti socialiste, d’Europe écologie Les Verts, du Parti radical de gauche, du Parti communiste français, de Génération.s et de Nouvelle Donne ont présenté hier le socle du projet commun pour les 19 binômes présentés aux élections départementales.

A la veille d’un débat parlementaire qui vaudra à Jean Castex de se prononcer (aujourd’hui devant l’Assemblée, demain au Sénat) sur le maintien ou le report des régionales et départementales prévues les 13 et 20 juin 2021, c’est en visioconférence que les responsables des partis de gauche (Parti socialiste, Europe écologie Les Verts, Parti radical de gauche, Parti communiste français, Nouvelle Donne et Génération.s) ont affiché hier leur choix de l’unité pour l’élection des 38 conseillères et conseillers départementaux.

Une élection dont Jean Brunel, premier secrétaire fédéral du PS, a d’abord défendu le maintien aux dates prévues, "parce que la démocratie a besoin de respirations, et donc d’élections". Une élection inscrite dans le contexte si particulier d’une crise sanitaire et de "crises sociale et économique" qui ont généré "des doutes, des craintes mais aussi les espoirs d’un monde d’après", rappelait Jean Brunel. Un monde d’après qui, assurait-il, "ne viendra pas de ceux qui nous gouvernent actuellement". De quoi justifier, "pour une autre vision de la société", "la nécessité d’avoir des majorités fortes et stables". Besoin d’autant plus manifeste dans un département face "à la montée du Rassemblement national depuis quelques années mais aussi par la prédominance de l’abstention". Restait à intégrer le "reproche" souvent fait "de privilégier les démarches partisanes plutôt qu’une ambition collective". De quoi mener à une "bannière commune : unis pour l’Aude, pour une majorité solidaire, écologiste et humaniste".

Pas encore de présentation par le menu du "projet commun", hier, ni des 19 binômes constitués qui compteront 25 PS et apparentés, huit EELV, deux PCF et un Génération.s. Il faudra attendre l’ouverture d’un site dédié et décliné en plateforme collaborative le 16 avril pour entrer dans les détails. Mais Jean Brunel a déjà avancé "quatre piliers" pour socles. "Trois autour du ‘‘prendre soin’’ : des Audois, avec une politique volontariste pour jouer notre rôle de bouclier social ; de notre environnement, pour accélérer la transition écologique ; des territoires, face au désengagement de l’Etat. Et enfin un pilier pour agir avec les Audois, dans une logique de transition démocratique." Des bases partagées par les quatre forces politiques qui rejoignent la majorité sortante formée des seuls PS et PRG, dont le coprésident audois Edouard Rocher affichait sa satisfaction de "voir ces partis se retrouver, pour travailler ensemble plutôt que de se compter", en évoquant un "premier enjeu, celui des solidarités, sociales, intergénérationnelles, de territoire, environnementales".

Une question environnementale au cœur des préoccupations de Viviane Thivent, responsable départementale d’EELV. Convaincue de la nécessité de "faire entrer l’écologie dans les instances politiques", "fière d’avoir concrétisé cette alliance" et déjà désireuse "d’influencer" les politiques départementales grâce aux huit candidats titulaires et à leurs "expertises". Un impact potentiel déjà illustré par l’exemple d’une "écoconditionnalité pour toutes les subventions départementales". Pas de mesure symbolique à l’esprit de Xavier Verdejo, secrétaire fédéral du PCF, mais la certitude que "le rassemblement des forces de gauche était une nécessité". Un préalable pour autoriser des engagements sur des axes aux "impacts forts sur le territoire", de la défense des services publics aux questions de santé et d’énergies, avec, pour le PCF, le vœu "d’apporter dans le cadre d’une acceptation des différences". Une "écoute" attendue par Serge Méry, pour Génération.s, responsable "nourri au biberon de l’unité", comblé de "participer à la construction d’une alternative sociale, écologique et démocratique" : avec à l’esprit le besoin, face aux colères, d’apporter des réponses par des "réformes pérennes et concrètes". Union, encore et toujours, dans les propos de Renaud Laus, de Nouvelle Donne ; une union "naturelle", "un chemin incontournable pour construire une alternative crédible", en n’oubliant pas la nécessité de "coconstruire avec les citoyens". Et avec à l’esprit ce qu’un contre-exemple peut coûter : "A Narbonne, on aurait dû l’emporter aux municipales. On ne l’a pas fait parce qu’on n’était pas unis."

La verte réplique à Didier Mouly

"Une strate politique devenue un guichet de distribution." Les propos de Didier Mouly tenus ce lundi 12 avril dans nos colonnes pour caractériser le Département et justifier le choix de Nouveau Narbonne d'ignorer le scrutin départemental ne sont pas passé inaperçues. Et n'ont pas, c'est un euphémisme, convaincu les représentants des six partis. "Ce que Didier Mouly expose, ça revient à dire que chaque conseiller départemental ne serait là que pour défendre son territoire", s'irritait Xavier Verdejo. Première charge suivie d'une illustration par la récente actualité de la "catastrophe" subie par l'agriculture audoise avec l'épisode de gel : "Est-ce que Mouly va se contenter de défendre les viticulteurs narbonnais, alors que la profession attend une réponse d'une autre dimension. Ce n'est pas en conservant un pré carré et en ne s'occupant que de sa cathédrale et de son palais des Archevêques qu'il fera avancer les choses."

"Ce qui nous fédère, c'est aussi la conscience du besoin de faire reculer le RN"

Un binôme socialiste élu au 1er tour sur le canton de Bram, cinq triangulaires opposant PS, FN et candidats UMP ou divers droite, un duel entre FN et union de la droite à Sigean, et enfin 13 seconds tours opposant FN au PS. Le souvenir des élections départementales de 2015 suffit à illustrer la conscience affichée par les six partis de gauche réunis : "On le sent, le danger, résumait Serge Méry. Et la meilleure réponse au RN, c'est l'unité." Un avis décliné par Alix Soler-Alcaraz, pour le PS : "On passe notre temps à entendre "vous êtes des imbéciles de ne pas vous unir". Il n'y a pas de meilleur message que celui de dire on a des différences mais l'envie d'un projet commun. ça peut donner envie au gens qui ont le coeur à gauche de voter." Une unité que Denis Renard, du PCF, affiche comme un atout : "Ce qui nous fédère, c'est aussi cette conscience du besoin de faire reculer l'influence du RN. Et plus on parlera d'objectifs concrets, plus on sera en capacité de faire reculer les mensonges du RN." A. Ca

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