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Vie de La Brochure
22 octobre 2021

Marcel Maurières fils de paysan

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Au cours de la causerie de l’ASPC, j’ai retracé la vie castelsarrasinoise de Marcel Maurières. Passé par les écoles de Gandalou, Les Cloutiers et Bénis, il a pu terminer son parcours scolaire à l’Ecole Primaire Supérieure de la ville puis au Collège.

Pourquoi ce passage par trois écoles rurales ? Elles tiennent aux activités agricoles de son père qui après avoir été maitre-valet à Saint-Aignan (commune d’origine de la famille) est devenu métayer à Gandalou puis propriétaire aux Cloutiers et fermier à Bénis. Etrange parcours car comment expliquer qu’un propriétaire redevienne fermier ? Simplement parce que la propriété était si petite que les revenus étaient inférieurs à ceux d’un beau fermage même après déduction de la somme versée aux propriétaires des terres. Sur son livre de mémoires, base de l’étude, Marcel Maurières indique qu’aux Cloutiers il gardait deux vaches qui mangeaient l’herbe au bord des routes alors qu’à Bénis il en gardait dix. Ceci étant le jeune Marcel était surtout mobilisé par sa vie scolaire, dont ses parents souhaitaient le succès. Donc il lisait beaucoup dès l’âge de 8-9 ans, ce qui entraîna sa passion pour la lecture. Il aura le Certificat d’Etudes en 1936 avec mention très bien, il gagnera le concours pour les Bourses mais ratera l’Ecole normale (le but visé) car supprimée en 1940 au moment où il obtenait le brevet. Il continuera ses études et arrivera à 20 ans en 1944 où son engagement communiste le conduira vers le journalisme. Un engagement qui sera celui de sa famille et, devenant le beau-père de Guillaume Chauderon, celui, plus ancien, de sa belle-famille. Le communisme paysan est apparu à cette époque là comme la suite logique d’une quête acharnée de la liberté, matérialisée par le statut de petit propriétaire. Dans le monde industriel l’accumulation se termine en Société Anonyme et chez les paysans en exploitation familiale.

Observons bien les trois statuts :

-         Le maître-valet ne décide de rien et partage ses récoltes avec le propriétaire

-         Le métayer choisit ses récoltes et les partage avec le propriétaire

-         Le fermier ayant payé son fermage décide de tout et n’a rien à partagé.

C’est une marche vers la liberté qui arrive à son sommet quand le paysan devient propriétaire, une liberté certes relative mais une liberté tout de même. Cette liberté n’a rien à voir avec la liberté d’entreprendre, elle tient au type même de l’activité agricole qui a besoin de temps et donc d'enracinement. Pensez à un métayer qui plante une vigne et qui est remercié trois ans après ! Ce n’est pas tant la perte financière qui le chagrine mais l’abandon d’une vigne à laquelle il s’est attaché sentimentalement.

Au cours du sympathique débat on reviendra sur ce moment crucial pour Castelsarrasin que furent les municipales de 1944-1945. Bien qu’ayant étudié la question j’ai commis un erreur au cours de mon exposé en oubliant les 9 mois de mandat de Faustin Bésiers et heureusement un participant rectifia. La question est liée à Marcel Maurières, par son beau-père Guillaume Chauderon, qui accepta de devenir adjoint communiste d’Alary, liste qui avait le soutien de la droite. Une personne évoqua une anecdote, sa mère habitant entre Chauderon et Bachala de droite, était tiraillée entre les deux tendances. Patrick Maurières apportera un éclairage : les deux hommes aux opinions opposées s’estimaient beaucoup, car ils étaient unis par la passion des chevaux.

On évoqua aussi le lien entre Marcel et les CEMEA et les questions liées au Collège. Sur la belle photo de l’EPS de 1936 une personne a reconnu plusieurs étudiants et a expliqué que s’il y avait des filles c’est parce qu’à l’EPS des filles, il n’y avait pas de latin. La question des options a fait que des étudiants passaient de Castelsarrasin à Moissac. Devenu instituteur avec seize ans de retard, il s’est retrouvé dans le nord de la France comme beaucoup de ceux qui ont été remplaçants (sans passer par l’Ecole Normale) mais pourquoi n’est-il pas revenu plus vite au pays ? Bien des questions restent en suspens et par exemple son activité au Patriote, (le quotidien communiste) mériterait à elle seule un autre livre.

J-P Damaggio

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