L’arbre qui cache la forêt
Voilà encore un proverbe étonnant. Comment un arbre peut-il cacher une forêt ? Pourtant ça arrive pour deux raisons : volontairement ou involontairement.
Il fait nuit et tout d’un coup quelqu’un braque le projecteur sur un arbre qui finalement cache la forêt. Ce quelqu’un peut être un journaliste qui dans une manif de 100 000 personnes braque le projecteur sur 100 pillards. Les volontaires prêts à se servir d’un arbre pour cacher une forêt sont le plus souvent les autorités ou comme je dis souvent, les sommités.
Inversement des personnes, sans le vouloir, peuvent s’arrêter devant un arbre et pour de multiples raisons jusqu'à oublier qu’il n’est pas la forêt elle-même, que de le sauver lui, ne change pas le cours de la vie.
J’appartiens à la catégorie de gens pour qui l’arbre révèle forêt. Il arrive que l’étude d’un cas, ici d’un arbre, puisse nous éclairer sur la forêt qu’il y a derrière, alors que l’étude de la forêt elle-même, conduit souvent dans un labyrinthe. L’arbre ne peut révéler la forêt que si l’étude est conduite en conséquence. Toute la différence tient à l’écart entre une étude localiste de l’arbre (qu’on enferme) et l’étude locale de l’arbre (qu’on ouvre). Ceux qui dirigent le monde veulent nous enfermer deux fois (il vaut mieux deux fois qu’une) : par le mondialisme et le localisme, par la forêt sans arbre et l’arbre qui cache la forêt.
Si bien qu’il est difficile d’échapper à cette tenaille. Pour éviter une pince on tombe sur le tranchant de l’autre. Jean-Paul Damaggio
P.S. Cet article fait suite à un autre dont un lecteur n'apporta cette reprise judicieuse d'une phrase de Balzac dans les Illusions perdues :