Catherine Claude et l’écologie
Dans ma vie j’ai eu des rendez-vous raté (avec Jean Cassou) et d’autres non. De 1976 à 1980 le PCF avait ouvert quelques fenêtres et c’est ainsi que je n’ai pas raté les livres de René Merle (sur la culture occitane) de Félix Damette (sur l’autogestion) et de Catherine Claude (sur l’écologie). Il va de soi qu’il s’agissait de livres des Editions sociales qui étaient alors ma référence absolue.
Déjà à l’époque ma boussole était locale et si j’ai acheté et lu Voyage et aventures en écologie, cela tient aux luttes anti-nucléaires qui depuis les années 70 occupaient les débats locaux avec le projet de centrale nucléaire à Golfech. Même le jeune Jean-Michel Baylet en était un acteur lui qui, à la différence de tant d’autres qui se sont égarés dans l’extrême-gauche (de Jospin à Mélenchon en passant par Lucchini), apprenait la démagogie au cœur de son parti le Mouvement des Radicaux de Gauche.
J’avais acheté le livre à cause du titre et pas à cause de son auteur (comme les deux autres mentionnés) que je ne croiserai presque plus. Or à la fin du livre il y avait la référence à onze autres livres de Catherine Claude allant de romans chez Gallimard à un titre qui aurait dû m’arrêter, Mon ami Bourvil aux Editeurs Français réunis.
Je n’ai pas été convaincu par le livre, qu’en 1981 j’ai pu reprendre sous un autre angle après avoir lu mon seul autre texte de Catherine
Claude (et c’est vrai jusqu’à aujourd’hui) dans la revue Dialectiques : Marxisme et écologie.
Cette revue se voulait la frange « Gramsci » du Marxisme avec le N° 4/5 qui fut un historique numéro sur le philosophe italien. Le couple David Kaisergruber en était la cheville ouvrière, lui en tant que directeur et elle en tant que rédactrice en chef. Je n’ai jamais été abonné, achetant les numéros suivant le titre et celui sur l’écologue fut l’avant dernier de mes archives. Je ne sais quand la revue a fondu les plombs.
Pourquoi le court article de Catherine Claude m’a fait lire d’un autre œil son livre sur l’écologie ? A cause de cette phrase vers la fin :
« Le lecteur aura vu que je ne l'ai pas accablé avec des problèmes bêtes du genre question nucléaire, pollutions, destruction des équilibres naturels sur lesquels les écolos insistent de façon agaçante. »
C’est incontestablement une réflexion ramenée de son voyage en écologie où elle s’est trouvée coincée entre les impératifs du PCF et les visions « agaçantes » des écolos.
Dans cet article elle se libère en remettant en cause, clairement, le dogmatisme communiste auquel répondent des écologistes qui prennent le problème par le petit bout de la lorgnette… peut-être parce qu’ils n’ont pas la hauteur que pourrait donner la philosophie.
Par cette mise en perspective philosophique de l’idée écologique Catherine Claude écrit en quatre pages plus qu’en 220 de son livre et me fait regretter de ne pas avoir donné le nom du scientifique qu’elle évoque au début de son livre qui commence ainsi :
« J’ai entendu parler d’écologie pour la première fois il y a dix ans par un scientifique dont c’était la spécialité dans une des branches de l’écologie végétale. »
Ce scientifique ne pouvait être que Vincent Labeyrie. J-P Damaggio
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