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Vie de La Brochure
19 décembre 2021

Antonin Perbosc-Jean Donat

Latouche

A ce jour rien n’indique que les deux hommes se sont rencontrés.

Je peux cependant imaginer que ce fut le cas. Antonin Perbosc (1861-1944) et Jean Donat (1866-1944) eurent au moins des vies parallèles et par seulement par leur rôle d’instituteur. Ils ont quatre ans de différence et les études à l’Ecole Normale duraient trois ans.

Sauf que Donat va très vite poursuivre son ascension sociale en passant du métier d’instituteur à celui de professeur des petites classes de lycée tandis que plus tard Perbosc quittera aussi son métier pour celui de bibliothécaire à Montauban.

Le point plus crucial tient au fait qu’au départ, Perbosc débute à côté de Saint-Antonin et qu’ensuite il passe en Gascogne pas très loin de Larrazet.

La raison de mon hypothèse tient à la réédition du livre de Robert Latouche, Saint-Antonin pages d’histoire, en 1926.

Suivons le fil de cette histoire.

Ce livre avait été édité en 1913 par la Société des Etudes Locales dans l’Enseignement public qui était clairement une association laïque face à la Société archéologique plutôt cléricale à ce moment là.

Cette Société, à l’histoire inconnue, va ensuite publier en 1914 un livre de Perbosc, puis un livre de Victor Malrieu en 1920 (le livre fondamental de Malrieu) et un des Jean Hinard en 1924 (dont on connaît surtout le fils André mais pas lui !).

Latouche, originaire du Mans, l’archiviste départemental de 1910 à 1920, est l’âme de la dite Société, et dans son livre sur Saint-Antonin il cite très souvent, en note, Jean Donat qui ne pouvait qu’être sensible aux contes de La Bonnette chers à Perbosc.

Pourtant il est clair que nous sommes face à trois mondes parallèles.

Celui de Latouche-Perbosc-Malrieu, très laïque, très à gauche.

Celui de la Société Archéologique où cependant Perbosc et Malrieu trouveront leur place.

Et entre les deux, le monde plus centriste de Jean Donat.

Le point qui fait la différence concerne le rapport à la langue d’oc.

Surtout si j’introduis deux autres personnages de l’édition 1926 du livre sur Saint-Antonin à savoir Jules Momméja et Benjamin Faucher.

Pour Perbosc Jules Momméja est une référence de poids qu’il appelle « le procureur général de la république des lettres occitanes ». Il lui dédiera un poème magnifique que je reprendrai. En 1926 Momméja est à la fin de sa vie (il meurt en 1928) et c’est lui qui au tournant des années 1890 récupère des archives la fameuse croix occitane. On le trouve sur le livre sur Saint-Antonin aux côtés de Benjamin Faucher (1886 – 1973) car il est l’archiviste départementale de 1920 à 1926 (à la suite de Robert Latouche). Autant dire que Faucher connaissait bien la Société archéologique du 82… et il connaissait bien à Toulouse Jean Donat. Il aurait pu être le lien entre le monde de Perbosc et celui de Donat.

Jean Donat qui de son côté a forcément connu les travaux de Jules Momméja mais le cite-t-il quand il parle de Saint-Antonin ?

Sauf Malrieu, fils de cantonnier, tous sont des fils de paysans mais leur république se divise en deux (déjà) : celle pour qui le peuple est géant par sa langue, et celle pour qui le peuple est géant sans sa langue !

Tout comme les sommités conservatrices se divisent en deux : celle pour qui le peuple est géant par sa langue (Mistral) et celle pour qui le peuple est géant sans sa langue (le plus grand nombre) !

D’où parfois, malgré les oppositions des solidarités entre le camp Perbosc-Esquieu-Fourès et le camp Mistral.

Les hasards de la vie me firent d’abord admirateur de Mary-Lafon puis de Jules Momméja bases de l’engagement de Perbosc, les inconnus d’une belle histoire. J-P Damaggio

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