Jean Donat 13 juillet 1914
Ce jour là à Toulouse au Lycée Fermat c'est jour de distribution des prix. Il y a le Grand Lycée à partir de la sixième et le petit lycée pour les classes primaires. Jean Donat a en charge ce qu'on appelle aujourd'hui le CM2 (ce qui n'est pas un titre de prof d'histoire) et c'est lui qui fait le discours.
La Dépêche en fait état le 13 juillet 1914
"AU PETIT LYCEE
Dans le même cadre, la même cérémonie s'est déroulée, à trois heures de l'après-midi, pour les élèves du petit lycée.
M. Declareuil, professeur à la Faculté de droit, occupait le fauteuil de la présidence, et c'est M. Donat, professeur de septième, qui a prononcé le traditionnel discours.
S'adressant à de plus petits, l'honorable universitaire a fait, en l'agrémentant d'anecdotes, l'historique des divers systèmes d'éducation à travers les âges. Combien plus heureux et plus enviable aujourd’hui le sort des écoliers modernes ! La férule a disparu, le cachot a fait son temps, et, si la nécessaire « colle » existe encore, les murs du collège ou du lycée sont loin de rassembler aux murs d'une prison.
M. Donat nous dit ces choses excellemment, et il ajoute :
L'Université moderne, par le soin qu'elle apporte à l'organisation des jeux et des exercices physiques, vous prouve son désir de développer harmonieusement votre corps et votre esprit. Par la liberté qu'elle introduit dans ses établissements, où elle laisse subsister, de la discipline répressive, seulement ce qui est strictement indispensable au maintien de l'ordre, sauvegarde nécessaire des droits de chacun, elle vous démontre qu'elle ne vous considère point comme des individus inférieurs, mais déjà comme des hommes dont elle entend respecter la personnalité.
Enfin, après avoir indiqué qu'une collaboration étroite s'impose entre les parents et les maîtres, pour le plus grand bien des enfants, M. Donat, s'adressant à ses jeunes auditeurs, conclut :
Vous ne devez jamais oublier que vous avez l'honneur et le bonheur d'appartenir à une patrie privilégiée, certes, par sa situation, mais grande surtout par son histoire et le rayonnement de sa pensée. Il passerait comme un voile de ténèbres sur l'humanité si elle disparaissait ou même si elle était diminuée. Nous avons le devoir de lui conserver dans la lutte qu'elle soutient contre de puissants rivaux, la supériorité que nos ancêtres lui ont assurée par leurs efforts et leurs sacrifices. Ce lourd et précieux héritage, dont nous sommes actuellement les dépositaires, vous devez toujours être en mesure de le défendre. Si, par malheur, notre France se trouvait un jour menacée, il faut que tous ses enfants puissent utilement accourir à son appel désespéré, et voler dans un même élan d'enthousiasme vers le point où le vieux drapeau de la Révolution agitera ses plis glorieux.
Cette péroraison patriotique est vigoureusement applaudie.
Henry Tisnès."
Le Midi socialiste en fait aussi état le même jour :
On peut remarquer que ce journal, cher à Jaurès, mentionne le fait, mais pas le discours patriotique. Jean-Paul Damaggio

