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Vie de La Brochure
29 janvier 2022

Le cas du militant syndical Antoine Borrel

J'ai déjà évoqué ce cas que je complète ici. Je voulais surtout savoir si cet homme était le fils d'une tradition ouvrière ou le fils d'une tradition paysanne. JPD

Le cas du militant syndical Antoine Borrel

 Borrel Jean est né le 21 mars 1878 à Caussade en tant que fils d’Antoine Borrel 32 ans bordier sur la commune, et de Marie Viol 23 ans et meurt en 1932 à Caussade.

Il se marie le 28 avril 1904 à Caussade avec Marie Viguié née à Caussade le 13 janvier 1882, qui, comme son mari, est une fille de cultivateur.

Jean Borrel et Marie Viguié ont eu un seul enfant, Germaine Angèle, le 23 janvier 1911 et à ce moment là il est encore cultivateur et sa femme sans profession. Elle meurt à Caussade en 1982.

L’industrie de la chapellerie n’entre dans la famille que par l’épouse de son frère, en 1904.

Difficile de savoir quand Jean Borrel devient lui-même ouvrier chapelier, sans doute en 1919 juste après la guerre, où il a participé, comme son frère.

Autant dire qu’il n’est pas le fils d’une tradition syndicale et pourtant dès la renaissance du syndicat des chapeliers de la ville le 11 mai 1919, il en est membre et il en devient secrétaire en 1923. Il est alors membre de la commission exécutive de l’Union interdépartementale CGT qui couvrait les départements de l’Ariège, de l’Aube, de la Haute-Garonne et du Tarn-et-Garonne.

Il meurt en 1932 à l’âge de 54 ans après dix ans de militantisme syndical à la CGT qui lui vaudront les éloges d’André Delmas cet instituteur qui deviendra le dirigeant national du SNI, l’année après.

«Borrel fut, dans toute l'acceptation du terme, un bon militant. Comme nous l'écrivait Marthe Marcellin, il ne fut pas seulement un brave cœur, un honnête homme estimé de tous, et un excellent ouvrier, il fut aussi, en des périodes critiques, le camarade ferme qui sut prendre toutes ses responsabilités en toute indépendance, dans la pleine conscience des devoirs que lui imposait le poste où l'avait mis la confiance unanime de ses camarades. Il paya d'ailleurs de sa place la fermeté de son attitude vis-à-vis du patronat caussadais.

Victime de l'ostracisme insidieux de ce patronat, ce même patronat qui, politiquement, ose se réclamer du programme de la Confédération générale du travail, victime expiatoire d'un patronat rétrograde qui voulut en sa personne faire un exemple et montrer son autorité, il ne trouva pas à s'employer à Caussade, après la dernière grève [de 1930] et dut aller à la journée extraire du gravier. Malgré cela, malgré la vie difficile qui fut la sienne, ces derniers temps, nous ne l'avons jamais entendu se plaindre, et s'il parlait de la situation, c'était pour en tirer cette conclusion que la classe ouvrière ne sera jamais assez unie, jamais assez solidaire pour poursuivre son émancipation.

Il continua jusqu'à la fin à venir assidument dans les diverses commissions où il représentait soit l'Union, soit le Syndicat des chapeliers. Nous aimions l'y retrouver, nous aimions le bon sourire un peu grave qui éclairait sa physionomie robuste et vigoureuse. Il nous semble impossible de ne plus le revoir. »

Jean-Paul Damaggio

Sources

Patrice Garesio Le mouvement syndical en Tarn-et-Garonne de 1904 à 1947

Etat Civil, Registre matricule, Recensement

Journal de la CGT du Tarn-et-Garonne L’Action ouvrière, 1932

Pour ceux qui veulent consulter les documents

Le_cas_Antoine_Borrel

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