Daniel Ligou, révolution et maçonnerie
Dans cet article de 1969 Daniel Ligou croise ses grandes connaissances sur la Révolution de 1789 et celles sur la Maçonnerie. Il ne le fait pas pour appuyer la thèse de certains qui ont vu la Maçonnerie partout (pour s'en réjouir ou s'en inquiéter) mais pour évoquer quelques cas dans la lignée de son maître Albert Mathiez pour qui les révolutionnaires étaient plutôt enfants des confréries catholiques. Je me suis penché sur cette question pour Montauban. Il conteste par exemple le fait que le drapeau tricolore soit une oeuvre maçonnique, sans pour autant rappeler le rôle de Jeanbon Saint-André en la matière (la couleur royale enfermée entre les couleurs de Paris avec une verticalité des trois bandes pour que le rouge flotte librement au vent).
Voici son propos sur la question :
"D’aucuns — et notamment Ragon, qui était pourtant le spécialiste de la symbolique maçonnique au milieu du XIXe siècle — ont parlé des origines maçonniques du drapeau tricolore. Souvent mieux inspiré, ce maçon de haut rang a vu dans les trois couleurs la réunion de la maçonnerie « bleue » (1er au 3e degré), rouge (4e au 18e degré) et blanche (31e degré et au-dessus). Ce n’est pas très sérieux, et cette hypothèse se heurte à deux objections; tout d’abord l’absence du cordon noir du très important grade — surtout dans l’ancienne maçonnerie — de « chevalier Kadosch » (30e ), et surtout le fait que les degrés ultimes de l’écossisme n’ont été introduits en France que sous le Consulat." J-P Damaggio
