Jeanbon Saint-André et la création du Tarn et Garonne
Cette question m’a été posée au débat sur Ligou face à Jeanbon Saint-André. Je ne m’étais pas interrogé sur ce point d’autant que Daniel Ligou n’en dit rien. Sur le coup j’ai pensé que ce silence venait du fait que Jeanbon était décédé avant la création du département mais ce n’est pas le cas puisque le département est né en 1808 et Jeanbon meurt en 1813.
La question est d’importance car Montauban devenant chef lieu de département est un point capital dans l’histoire de la ville. D’ailleurs au début de la révolution Jeanbon tenta d’obtenir ce droit pour la ville.
La seule chose que je sais c’est que Napoléon a répondu au souhait de Josep Vialètes de Mortarieu. Or cet homme était au cœur de la révolte du 10 mai 1790 celle qui obligea Jeanbon à quitter Montauban pour éviter de tomber entre les mains des auteurs du massacre conduit par les forces populaires manipulées par les aristocrates. Bref un des plus grands opposants à Jeanbon. Mais la question mérite d’être creusée car Jeanbon était toujours fidèle à sa ville, et que ses liens avec Napoléon étaient réels.
Une autre question concerna les débuts de Jeanbon que je n’ai pas évoqués.
Voici les premières lignes de Michel Nicolas publié en 1848 et que Daniel Ligou n’a pas pu compléter:
«André Jean-Bon [il ne dit pas Jeanbon] naquit à Montauban en 1749, d’une famille protestante, aisée et honorable. Il reçut une éducation soignée au collège des Jésuites de cette ville. Ses maîtres, qui avaient remarqué son aptitude et sa facilité peu communes, désiraient se l’attacher mais son père, zélé protestant, le retira de leur école pour l’éloigner de toute séduction.
La profession d’avocat souriait à Jean-Bon ; mais, pour pouvoir l’exercer, il aurait fallu dissimuler sa qualité de protestant : cette dissimulation ne pouvait lui plaire ; les principes religieux de son père n’auraient pu d’ailleurs s’en accommoder. Il se tourna vers le commerce, et se destina à la marine marchande. Il étudia le pilotage à Bordeaux, et fit quelques voyages sur mer, d’abord comme lieutenant, ensuite comme capitaine. Un naufrage qu’il essuya en partant de Saint-Domingue, et dans lequel il perdit tout le fruit de ses économies, le dégoûta de cette carrière ; alors il conçut le dessein de se consacrer au ministère évangélique. Les protestants n’étaient plus traités aussi rigoureusement que dans la première moitié du dix-huitième siècle ; mais il y avait encore plus d’un danger à courir pour le pasteur. Les lois rigoureuses portées contre eux n’étaient pas abrogées ; leur application dépendait du degré d’humanité ou de superstition des juges ; les ministres étaient toujours censés proscrits et condamnés à mort. »
Ce point renvoie à la question de José Ibarz qui indiqua que la famille Jeanbon avait des éléments sur Caussade où ils faisaient de la minoterie envoyée aux Antilles. Ce point correspond avec les deux éléments de M. Nicolas : une famille plutôt riche et tournée, par le commerce, vers les Amériques. Jeanbon étant un cadet, il ne pouvait prendre la succession familiale, et s'orienta donc vers le commerce. Ce point renvoie aussi à ses actions pendant la Révolution puisqu’il travailla beaucoup en lien avec la marine. Un marine chère au père de Daniel Ligou. Un travail a déjà eu lieu sur les moulins mais il mériterait plus d’attention. J-P Damaggio
