Mélenchon au second tour ?
Hadrien Mathous sur Marianne vient de publier un article avec ce titre : Mélenchon peut-il être au second tour ? (il a publié un livre sur LFI qu'il remet en cause puisqu'il avait sous-titré : comment France insoumise s'est effondré)
Le sondage d’Elabe du 15-16 mars le place en troisième place avec 14%, devant Zemmour avec 10,5% et Pecresse 11,5%. Juste à 4% derrière Marine Le Pen.
Mais le sondage de l’IFOP du 14-17 mars le renvoie à 12,5% à la quatrième place.
L’article se résume à cette phrase : « A mots couverts les partisans de Jean-Luc Mélenchon distillent l’idée que les électeurs de gauche décidant de voter pour un autre candidat porteront directement la responsabilité d’un nouveau duel entre Macron et l’extrême-droite le 10 avril. »
Le modèle est celui de 1981 quand, avec cette idée, Mitterrand a pris un grand nombre de voix au PCF.
Quand on regarde les sondages l’électorat visé est celui du PCF qui avec une moyenne de 4% est montré du doigt. Celui de Jadot aussi avec 5%.
Sauf qu’à courir derrière Marine, faut-il faire observer qu’en matière de vote utile, elle a une plus grande marge, puisque elle peut prendre sur l’électorat Zemmour avec ce même raisonnement ! Depuis le départ malgré la percée de Zemmour, elle conserve la deuxième place avec au moins 5% d’avance.
La faute majeure de Mélenchon est simple : en abandonnant toute idée de capter par ses propositions une part de l’électorat d’extrême-droite, donc en se rabattant sur celui de gauche, il prépare des législatives qui vont faire boomerang !
En 2017 déjà, son idée que son électorat était celui de LFI, a joué en faveur de la division à gauche. A quoi bon présenter un candidat LFI contre Chassaigne ! Cette fois, tout accord est rendu difficile, sauf qu’aux législatives, vu les règles, seuls les deux premiers candidats sont sélectionnés. Je ne sais si aux législatives il y aura répartition des postes entre RN et Reconquête, mais je devine, vu le score annoncé pour Macron et l’extrême-droite, que la gauche divisée risque fort d’être laminée (sauf en Seine St-Denis !).
Attention je ne suis pas favorable à la stratégie d’union de la gauche devenue celle de Mélenchon, je pointe seulement la contradiction de la dite stratégie Mélenchon. Aux présidentielles, tous derrière moi et aux législatives on verra…
De l’article de Mathoux je retiens ce constat : « seule la moitié de ses électeurs du premier tour de 2017 déclarent vouloir le soutenir à nouveau.» A force de jouer les opportunistes (candidat Front de Gauche en 2012, LFI en 2017 et Union populaire en 2022) on finit par se casser la pipe. Pour ma part, en terme de vote, je vais rester étranger à une élection qui ne me concerne plus. Et l’appel au vote efficace ne peut rien y changer. Et la culpabisation de gens comme moi, encore mois. L’échec de Mélenchon, si échec il y a, sera le sien, autant que sa réussite !
J-P Damaggio