De Proust à Céline avec Jeanne Canavaggia
Suite à ma présentation des trois sœurs Canavaggia à Castelsarrasin je reviens ici sur le rapport Proust-Céline car j’ai juste mentionné le livre de Jeanne Canavaggia sur Proust.
J’en conviens, rien ne lit les deux écrivains, si ce n’est qu’il s’agit de deux monstres sacrés de la littérature française, même si l’un est très controversé.
Jeanne comme les deux autres sœurs était une admiratrice de l’écrivain Céline et elle s’est plongé sur l’étude minutieuse des positions politiques de Proust. Celles de Céline sont bien connues et, provocation aidant, rendent parfois l’écrivain illisible. Celles de Proust ne sont presque pas connues et sans provocation rendent parfois l’écrivain illisible.
C’est moi qui parle d’écrivain illisible en sachant pourtant qu’ils constituent une référence !
Qu’est-ce au bout du compte que la littérature ? Le style sans le message ou le message en dépit du style ? Les deux mon capitaine.
La littérature étant un art il suppose de remettre cent fois la phrase sur l’établi. Je dirai que la littérature se joue à la virgule près. De ce point de vue Baudelaire, Proust, Céline sont des artistes.
Dois-je me culpabiliser si je n’arrive pas à lire Proust, Céline, Garcia Marquez ou Alberto Moravia considérés comme des indispensables ?
Non, et le lecteur note qu’il ne s’agit pas d’une question politique vu les opinions diverses de ces écrivains.
Je ne lis pas Céline mais j’ai beaucoup lu Bernanos qui en son temps fut tout aussi antisémite que son confrère.
Ce détour pour dire que j’ai découvert avec intérêt l’étude politique de Jeanne sur Proust.
Sa publication est-elle une manœuvre politique quand je constate que Jeanne a écrit de 1946 à 1959 puis plus rien jusqu’en 1986 avec l’étude publiée par un homme clairement d’extrême-droite quand Jeanne avait 86 ans ! Une étude à conduire… le livre étant disponible sur Gallica. J’en donne le premier chapitre.
J-P Damaggio
