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Vie de La Brochure
22 mars 2022

Rassembler la gauche ?

union à gauche

En cette période électorale, comme jamais, des appels au rassemblement de gauche fusent de partout. Avec cet argument : l’histoire démontre que l’union de la gauche a été seule capable d’apporter des acquis sociaux.

Je dis comme jamais car en 2012, vu le bilan de François Hollande cet appel à la gauche fut moins fort. Et on ressort les grandes dates : 1936, 1945, 1981. Avec les mythes qui vont avec.

En 1936 il a suffit d’une année pour que les radicaux trahissent la gauche.

En 1945 l’union allait bien au-delà de la gauche.

En 1981 il a suffit de deux ans pour que le PS trahisse la gauche !

Et les adeptes du rassemblent oublient chaque fois l’année 1997 avec la gauche la plus unie de l’histoire qui s’est terminée par le FN au second tour !

Les acquis sociaux ont été bien plus souvent le résultat des luttes sociales que des victoires électorales. Par exemple le droit à l’IVG. Par exemple les acquis de 1968 sans victoire électorale etc.

Le rassemblement à gauche de 2022 aura été le plus hypocrite de l’histoire :

- côté Mélenchon il faudrait qu’il soit au second tour or tout indique qu’il n’en serait pas pour autant le président élu. Il va réussir à siphonner les voix des autres candidats de gauche comme Marine Le Pen arrive à siphonner ls voix de Zemmour ! Mais ensuite ?

- côté PCF on apprend que l’autonomie de ce parti est bonne pour la gauche alors que dans toutes les autres élections (sauf les Européennes) le PCF se met à la remorque du PS dès le premier tour !

- côté PS l’affaire est entendue : il n’a plus de force nationale mais il gère presque toutes les régions de France et beaucoup de villes. Anne Hidalgo se révèle la plus représentative de cette double réalité : gestionnaire de la capitale... et sans force à la présidentielle.

- côté EELV il y a eu des avancées aux Européennes, aux Municipales mais sans effet global dans le pays.

De telles hypocrisies sont devenues inévitables vu que l’objectif de rassembler la gauche est factice. Je le répète, il existe un peuple de gauche mais le concept de gauche politique n'a plus lieu d'être après l'échec de l'URSS et de la social-démocratie.

Ce que j’écris n’est pas le fruit d’une pensée mais d’une action contre la LGV. J’ai pu vérifier que les fractures anciennes gauche/droite étaient sans réalité. Une valeur de gauche comme la laïcité traverse les divers courants. Comme l'écologie.

Je me passionne pour l’histoire d’où mon constat ancien : depuis la révolution conservatrice des années 1980 en lien avec la révolution informationnelle, la gauche n’est plus d'actualité pour bien longtemps.

En 2017 Mélenchon avait pu réaliser un bon score avec la France insoumise mais cette stratégie au lieu d’être approfondie, développée n’était qu’une étape nouvelle dans l’opportunisme de Mélenchon.

Prenons un nouvel exemple.

En 2017 quand on lui posait la question de sa position au second tour dans un duel Macron-Le Pen, il répondait : les membres de LFI vont trancher. Aujourd’hui il répond par avance : pas de consigne de vote (dès le 7 mars 2021 sur France Info). Dernièrement la question était posée à Clémentine Autain qui dans un premier temps a refusé de répondre (alors que Mélenchon a répondu) puis elle a dit n’importe quoi. La solution de 2017 permettait le respect entre les trois positions presque équivalentes en termes de vote : vote Macron, vote blanc, abstention.

C’était un choix dangereux pour Mélenchon car il a fait apparaître trois courants, ce qu’il n’a plus voulu entendre ensuite, en liquidant LFI en tant que mouvement citoyen, alors qu’il prétend que son projet c’est de redonner le pouvoir aux citoyens ! (une hypocrisie de plus).

Je suis de ceux qui ont voté blanc au second tour de 2017 tout en respectant ceux qui ont choisi les deux autres solutions, à partir du moment où la vie dans le mouvement allait permettre de continuer à se comprendre.

Oui mais partout dans le monde nous vérifions la continuité du rassemblement à gauche ! Surtout en Amérique latine. Sauf que partout en Amérique latine c’est l’extrême-droite qui est la force dynamique même si elle est peu au pouvoir (sauf au Brésil où elle va perdre). Je souhaite au Chilien Borric de réussir car ensuite l’alternative c’est l’extrême-droite !  Pareil pour Castillo au Pérou. Et c’est vrai ailleurs.

 En Espagne comme au Portugal l’union des gauches a permis quelques victoires mais dans les deux cas c’est au bénéfice de la social-démocratie au détriment de la gauche radicale ce qu’on a vu en France en 1983. Donc la question finale est la suivante : pourquoi la révolution conservatrice des années 1980 en lien avec la révolution informationnelle a éliminé la gauche politique ? Je renvoie aux travaux de Michéa.

J-P Damaggio

 

Commentaires
L
J'en conviens, le débat mérite plus qu'une ligne. En 1983 le PCF reste dans le gouvernement donc il accepte le tournant dit de la rigueur. En 1984 il n'apporte pas de vraie solution puisqu'il quitte suite à son éclatant échec électoral (et non suite à un refus de ses solutions) : il était surtout au gouvernement dans l'espoir d'y gagner un statut de gestionnaire lui permettant d'élargir son assise. Par la suite certains diront que le ver était dans le fruit même, du principe programme commun. Je ne pense pas. Alors que fallait-il faire ? Je n'ai pas la réponse non plus, si ce n'est le rapport avec ce qu'est devenue, pour la droite, la révolution conservatrice, au moment même où la gauche gagne en France. La question deviendra encore plus épineuse avec Gorbatchev. Pouvait-il sauver le socialisme ? Bref, les années 80 sont cruciales et peut-être faudrait-il relancer un débat général pour éclaircir les responsabilités. L'idée de l'époque c'était que si la gauche gagnait elle allait satisfaire le "peuple" et donc rester au pouvoir pour très longtemps. Partout elle n'y fait qu'un pasage éphémère... jpd
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J
En 1981, il a suffi de deux ans pour que le PS trahisse la gauche.... Je cherche depuis 40 ans à savoir ce qu'il fallait faire pour ne pas "trahir" Je n'ai trouvé aucune réponse parmi ceux qui lancent cette accusation. Quel était le contexte: en peu de temps nous assistons à trois dévaluations. un commerce extérieur très dégradé. Mitterrand reçoit les"visiteurs du soir", certains préconisent une sortie du SME avec instauration d'une monnaie intérieure Chevenement et ses amis étaient les tenants de cette politique. Puis il y eut les tenants de la politique qui finit par avoir la faveur de Mitterrand , NON SANS MAL."LA gauche américaine gagnait la partie avec ce visage libéral qui causera la perte du PS, CE SERA LA VICTOIRE POSTHUME ET MORTIFERE DE ROCARD SUR MITTERRAND...
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