Des communistes avec Mélenchon
Des membres du PCF soutiennent Mélenchon alors que le PCF a un candidat.
Des membres du PS soutiennent Macron alors que le PS a une candidate.
Des membres des Républicains soutiennent Macron alors que les Républicains ont une candidate.
Des membres d’EELV soutiennent Mélenchon alors que EELV a un candidat.
Et il faudrait que les citoyens y comprennent quelque chose ?
Oui je sais, vive le vote efficace, mais alors que les membres en question du PCF rejoignent LFI, les membres en question du PS rejoignent LREM etc. Sinon suivant le proverbe bien connu : vive qui mange à tous les râteliers ! J-P Damaggio
LA GAUCHE PEUT GAGNER, NOUS DEVONS SAISIR CETTE CHANCE
Tribune collective de communistes
Unie, la gauche n’a pas perdu d’avance ! Jean-Luc Mélenchon dispute désormais le second tour à Marine Le Pen. Autant dire que la présidentielle changerait alors complètement de visage. Non seulement nous empêcherions l’extrême droite d’être au second tour, et Emmanuel Macron ne pourrait plus se présenter comme le vote utile contre elle. Mais surtout, l’espoir renaîtrait à gauche, garanti par le projet bien à gauche que porteraient ensemble, pour la première fois au second tour, les insoumis et les communistes.
Or un espoir crédible est justement ce qui manque à la gauche pour que se mobilise une partie importante de l’électorat qui s’abstient aujourd’hui. Un candidat franchement à gauche au second tour d’une présidentielle : ce serait un choc politique dont personne ne peut prédire aujourd’hui ce qui en résulterait. Dopés par un premier succès, le rassemblement de la gauche et la dynamique politique s’élargiraient, faisant même de la victoire une possibilité. Et dans tous les cas, les législatives verraient l’élection d’un grand nombre de députés communistes, insoumis, et d’autres encore. Comment imaginer que ce scénario, qui ouvrirait à coup sûr une nouvelle période politique, échoue en raison de différences ou même de désaccords auxquels ont déjà pu à deux reprises être apportées des solutions ?
Rappelons-nous 1936. Face à l’extrême droite déjà menaçante, l’union des socialistes et des communistes avait réussi à marquer l’histoire en permettant la victoire du Front Populaire et la mise en œuvre de réformes sociales aussi importantes que les congés payés. Ne serions-nous pas capables aujourd’hui de nous hisser à la hauteur de nos anciens·nes alors que le capitalisme en vient à relancer la guerre, remettre en cause République et démocratie, et même à menacer tout le vivant ?
Nous, militants·es communistes, en appelons solennellement à l’esprit de raison. Séparément jusqu’à maintenant, communistes et insoumis ont fait des campagnes remarquées. Parce que leurs dynamiques propres créent aujourd’hui les conditions d’un succès commun, la situation a pris un tour radicalement nouveau. Les uns·es sans les autres, nous risquons fort de porter la lourde responsabilité de passer à côté de cette occasion historique. Les un·es avec les autres, nous pourrions faire de la victoire le début d’un mouvement de portée historique qui pourrait faire se lever un nouvel élan des peuples.
C’est pourquoi nous appelons communistes et insoumis à laisser derrière eux les querelles pour se tendre à nouveau la main, ainsi qu’à toutes les composantes de la gauche. Si nous faisons cet effort sur nous-mêmes, nul doute que nous trouverons les moyens d’une campagne commune, respectant jusqu’au bout l’autonomie et les résultats de chacun. Relevons ce défi enthousiasmant.
Josselin Aubry, Emmanuelle Becker, Nicole Borvo Cohen-Séat, Marie-Pierre Boursier, Patrice Cohen-Séat, Brigitte Dionnet, Fanny Gaillanne, Brigitte Gonthier-Maurin, Gabriel Gau, Grégory Géminel, Frédéric Genevée, Serge Goutmann, Dominique Grador, Bob Injey, Jean-Claude Kennedy, Anna Meyroune, Sonia Masson, Frank Mouly, Jérôme Relinger, Marie-Claude Zoughebi.