Film argentin : La calma Mariano Cocolo
Avec sa productrice ils sont venus de Mendoza Argentine pour présenter un film au Cinélatino de Toulouse. Un film qui casse les codes connus par le choix du noir et blanc ! Aussi par la lenteur ! Mais ces deux éléments esthétiques sont étroitement liés au sujet. La lenteur car nous entrons dans le monde agricole qui se doit de respecter le rythme de la nature, ici un élevage de chèvres. Le noir et blanc pour la sobriété, l’épure d’un univers réduit à l’essentiel : travailler, manger, dormir, danser parfois.
L’héroïne est confrontée au dilemme de beaucoup de jeunes de sa génération. Rester à la campagne ou partir à la ville au moment où son père s’approche de la mort.
A la ville la jeune fille veut devenir avocate.
A la campagne un autre jeune avoue lui qu’il ne sait ni lire ni écrire.
Un film qui ne pouvait se réaliser que dans la province de Mendoza où il existe encore une petite agriculture.
Rappelons le rapport à la terre en Amérique latine.
Il y a l’exemple bien connu des bidonvilles. Si des habitants s’installent au bout d’un certain temps cette occupation illégale devient légale car la terre en question n’appartient à personne donc par voie de fait elle appartient aux nouveaux habitants qui se groupent pour être plus difficilement délogés.
A la campagne des paysans occupent les terres vierges (en fait elles appartenaient aux indigènes) mais ils n’ont pas fait valoir cette occupation par des titres de propriété donc il arrive un moment où de grands propriétaires imposent leur loi pour agrandir toujours plus leur surface cultivée.
Ainsi le travail accumulé pendant des décennies est vendu à vil prix.
Dans cette lutte au triple versant (celui du grand propriétaire, celui du petit, celui de la fuite) que peut-il se passer à la fin ? Je ne dévoile pas la chute !
Le film est porté par une actrice Tania Casciani parfaitement dans le rôle et on le comprend quand le réalisateur indique que c’est une amie depuis longtemps.
Si nous sommes à Mendoza il n’en demeure pas moins que la question traitée est universelle. Celle de la transmission parents-enfants, celle de l’agriculture et sa forme, celle du savoir et son rôle. Ce film était en compétition et j’espère qu’il aura un large soutien du public très nombreux.
Sur la première photo le réalisateur répond aux questions avec sa productrice (malheureusement je n'ai pas noté son nopm) et la traductrice.
Sur la deuxième photo nous croisons les deux personnes attablé poour le repas pour un court échange. Quand je lui dis Salta il me répond aussitôt Cafayate pour le bon vin. J-P Damaggio

