Encore sur le nouvel hôpital de Montauban
Ce dossier du nouvel hôpital et plus que stratégique aussi je relaie les infos publiées. Valerie Rabault et Sylvia Pinel s'étaient distinguées pour refuser par avance un lieu proche de la gare LGV ... "2. "Le nouvel emplacement serait prévu aux abords de la future gare LGV. Or, l’expérience montre que les voies d’accès aux gares sont souvent sujettes à un trafic important voire intense aux heures de pointe. Ceci laisse craindre des difficultés d’accès pour les services d’urgence."
Bilan c'est bien là que le projet sera en place mais attention pas question de concurrencer la clinique Cave... A suivre. JPD
Publié le 07/04/2022 à 07:14 ,
La direction du centre hospitalier de Montauban nous dévoile la feuille de route qui doit voir pousser, d’ici 2030-2031, le nouvel établissement de santé de 400 lits sur la zone d’activités d’Albasud, à 500 mètres de la future gare LGV de Bressols.
Et de deux! L’aventure de la construction d’un nouvel hôpital se poursuit. Après la visite du Premier ministre Jean Castex et de la présidente de la région Occitanie Carole Dega qui ont mis respectivement, sur la table, le lundi 14 mars dernier, 176 millions d’euros et 23 millions d’euros, le grand projet de santé porté par le centre hospitalier de Montauban est entré de plain-pied dans une deuxième phase.
Si elle est loin d’être la dernière, la deuxième étape sera toute aussi cruciale que la première dans le processus qui doit voir pousser un futur établissement de santé de 75 000 m2, 400 lits, regroupant plus de 1 700 personnels. Il devrait être opérationnel d’ici 2030-2031.
Le choix du lieu d’implantation a été déterminant. Car en même temps que de débloquer le financement, la visite du 14 mars ancrait, officiellement, l’hôpital de demain sur un terrain d’élection d’une quinzaine d’hectares, dit «Bardonis», situé sur la zone d’activités d’Albasud et propriété du Grand Montauban. Un emplacement distant de seulement 500 mètres de la future gare ferroviaire de la ligne à grande vitesse à Bressols.
La facture de la construction estimée à 350 millions d'euros
Pour l’heure, le montant de l’achat de ce terrain n’a pas été communiqué. Même un simple ordre de grandeur. Mais la facture de construction du nouvel hôpital, elle, reste salée et s’élève, selon les dernières estimations, à 350 millions d’euros.
Et maintenant? Sébastien Massip, directeur du centre hospitalier de Montauban et ses équipes ont recalé leur feuille de route afin de donner «des délais qui peuvent être raisonnablement tenus. » Prochaine étape annoncée : le recrutement d’un programmiste. « Il aura un profil issu de l’architecture hospitalière. Ce sera un acteur important du projet. Son rôle sera d’aider les professionnels à exprimer leurs besoins et à les rédiger sous forme d’un cahier des charges », indique le directeur du centre hospitalier de Montauban.
L’établissement est donc aujourd’hui sur la piste de l’oiseau rare qui sera sélectionné en juin et entamera, aussitôt après, sa mission. «Il s’agit de se préparer au concours d’architecte. On construit un nouvel hôpital parce que ça correspond à un besoin des patients et à un besoin de confort des professionnels. Il faut amener les équipes à se projeter sur une page blanche. C'est une phase stimulante qui va se jouer dans les prochains mois. C’est un peu, comme si je vous disais, dessine-moi l’hôpital de tes rêves, mais presque… Beaucoup de professionnels de l’hôpital seront également amenés à visiter des hôpitaux récents au cours de cette période », balise Sébastien Massip.
Le premier coup de pelle en octobre 2027
Étape suivante sur la feuille de route : le concours d’architecture en juillet 2024. Et trois ans plus tard, en octobre 2027, le premier grand coup de pelle devrait être donné sur le terrain «Bardonis», à Albasud, avec en ligne de mire une ouverture à l’horizon 2030-2031.
D’ici là, la direction du centre hospitalier assure que l’agglomération de Montauban aura achevé la voie de contournement de la ville qui desservira ainsi le futur hôpital. «Le site de Bardonis sera évolutif. Au-delà de l’emprise nécessaire que l’on utilisera pour la construction de l’hôpital, on pourra attirer encore d’autres services de proximité. C’est tout un nouveau quartier de Montauban qui va être aménagé à cet endroit proche de la future gare LGV, proche aussi du nouvel échangeur autoroutier», éclaire Sébastien Massip.
Thierry Dupuy
Publié le 07/04/2022 à 07:27
Président de la commission médicale d'établissement (CME) du centre hospitalier de Montauban depuis 2017, le Dr Jérôme Roustan mesure le défi passionnant que représente, pour les équipes médicales, le projet de construction du nouvel hôpital.
Combien de lits espérez-vous pour le nouvel hôpital ?
On pourrait passer de 300 à 450 mais ce ne sont que des estimations. On travaille filière par filière pour dimensionner les activités, pour définir le périmètre et voir ce que l’hôpital doit et peut faire. Il faut être capable de se projeter d’ici à dix ans pour l’ouverture, mais aussi et surtout pour les trente ans à venir. Certains établissements ont commis des erreurs et le jour de l’ouverture, l’hôpital était déjà trop petit. Quand on a refait le service des urgences, c’était dimensionné pour 20 000 passages par an et on en est aujourd’hui à 42 000…
Y aura-t-il de nouvelles spécialités?
On ne sera pas forcément agressif en la matière. On peut réfléchir à des collaborations avec les structures privées, mais l’important, c’est déjà de stabiliser et pérenniser nos activités. Actuellement, on pourrait modifier notre organisation, mais il n’y a aucune possibilité d’extension, c’est une des contraintes de l’établissement. La population va vieillir et on voudrait ouvrir un service de post urgence gériatrique et un autre de médecine polyvalente. On souhaiterait également accentuer nos efforts sur les spécialités et faire un peu plus d’ambulatoire, ce qui nécessiterait moins de lits. Le nouvel hôpital nous permettra de mettre en place cette nouvelle organisation.
On n'ira pas sur l'urologie ou la néphrologie assurées par le Pont-de-Chaume, de même qu'on ne concurrencera pas la clinique Cave sur ses activités ORL.
Comment comptez-vous vous positionner par rapport aux structures privées?
On ne sait pas comment va évoluer l’offre de soin du territoire dans dix ans. Quand la maternité du Pont de Chaume a fermé, on s’est retrouvé du jour au lendemain avec 500 accouchements à répartir sur deux maternités. Chez nous, l’onco-hématologie a fermé, la dermato a rouvert après quelques années de fermeture. On n’ira pas sur l’urologie ou la néphrologie assurées par le Pont de Chaume, de même qu’on ne concurrencera pas la clinique Cave sur ses activités ORL. Il me semble que sur le département, les activités conventionnelles sont bien représentées et on ne va pas se lancer sur des activités hyperspécialisées. On ne peut pas tout faire et on se positionne comme un recours départemental.
Peut-on dire que l’un des enjeux du nouvel hôpital est d’attirer de nouveaux praticiens ?
Dorénavant, les jeunes médecins veulent pratiquer le métier qu’ils ont appris, ils ne veulent plus travailler seuls, limiter la pénibilité et conserver une vie de famille. On doit composer avec tous ces éléments. 60 % des médecins de l’hôpital vivent à Toulouse alors que les lieux de vie du personnel soignant se concentrent sur Montauban et sa périphérie. C’est la raison pour laquelle le comité hospitalier a voté à l’unanimité pour le terrain d’Albasud, susceptible de faciliter l’accès.
Si l'hôpital de Montauban est fort, celui de Moissac sera fort. Nous allons lancer prochainement une consultation de pneumologie et il y a déjà des consultations avancées de pédiatrie et d'onco-pneumologie.
Qu’en est-il pour le personnel soignant?
Comme sur le plan national, nous avons des problèmes de recrutement. La crise Covid qui dure depuis deux ans a usé les gens, que vous fassiez ou pas du Covid. Le personnel soignant est une denrée rare sur laquelle il faut être attentif. On prépare un projet d’établissement dans lequel il y aura un volet médical, paramédical et social.
Comment voyez-vous l’avenir de l’hôpital de Moissac où les urgences de nuit ont fermé?
Si l’hôpital de Montauban est fort, celui de Moissac sera fort. Nous allons prochainement lancer une consultation de pneumologie et il y a déjà des consultations avancées de pédiatrie et d’onco-pneumologie. Les urgences ont fermé la nuit car nous avons perdu sur Montauban et Moissac 16 équivalents temps plein sur 38. Avant la fermeture, Moissac voyait passer 11 à 12 personnes de 20 heures à 8 heures et depuis trois mois, il n’y a qu’un appel à l’interphone du 15. Nous accueillons déjà des patients du Lot mais nous n'avons pas vocation à concurrence Cahors qui a déjà perdu des compétences.
Accueillerez-vous des patients d’autres départements?
Nous accueillons déjà des patients du Lot sur des filières qui ont disparu, l’onco-pneumologie notamment, mais nous n’avons pas vocation à concurrencer Cahors qui a déjà perdu des compétences.
Qu’espérez-vous en termes de plateau technique?
On réfléchit à créer un hôpital plus numérique. Nous avons actuellement un scanner et deux IRM et nous avons l’autorisation pour un nouveau scanner dédié aux urgences. On va pouvoir réfléchir sans contrainte à partir d’une page blanche pour proposer un établissement du 21e siècle. On ira voir ce qui se fait ailleurs en France et probablement à l’étranger.
Est-ce une aventure passionnante?
Oui, c’est le projet d’une vie pour les équipes hospitalières. On n’en connaîtra pas deux.