Humanité 11 avril 2022
Je le précise, pour moi la candidature de Fabien Roussel était légitime mais il faut ensuite assumer la cohérence. Quand, face au danger de l’extrême-droite, il appelle ensuite à voter Macron le simple citoyen se demande : « mais alors si le danger est si énorme, vu la situation, pourquoi Roussel ne s’est pas retiré pour faire gagner Mélenchon ? »
Dimanche soir, Fabien Roussel a donné les éléments de langage, voter Macron au second tour. Sur l’Huma du lendemain Aurélien Soucheyre précise: « Derrière un discours lissé et banalisé, Marine Le Pen ne propose rien d’autre qu’un programme composé d’ultra-libéralisme, de division de la population, de stigmatisation des étrangers et de destruction de notre République.» Et face à la destruction de la république il fallait maintenir la candidature ? Car nous le savons à présent Marine pouvait être éliminée dès le premeir tour....
Benjamin Lonig écrit aussi « Face à ce péril imminent pour notre démocratie, la mobilisation générale est de mise pour le 24 avril» et Julia Hamlaoui n’est pas en reste.
Je reprends ici l’édito. Avec Marine c’est «le pays qui plonge dans l’abîme», c’est la «bête immonde» !
Alors « jamais l’extrême-droite » ? Ce sont les français qui décident… JPD
Edito de l’Huma 11 avril 2022
(une coquille amusante indique que c’est la page de l’Humanité du 1er janvier 2029 !)
Maud Vergnol
Jamais l’extrême droite
C'est un choc, mais pas une surprise.
Une majorité d’électeurs se réveillent ce matin déçus ou en colère, mais surtout inquiets. Le scénario dont 80 % des Français ne voulaient pas il y a encore quelques semaines s’est reproduit hier, à la faveur, entre autres, d’une faible participation pour une présidentielle - environ 12 millions d’électeurs n’ont pas jugé utile de se déplacer.
Ce match retour ne ressemblera pas pour autant à 2017. Jamais l’extrême droite n’aura recueilli autant de suffrages (32,7 % à l’heure où nous bouclons cette édition). Et jamais Le Pen n’aura bénéficié d’un tel réservoir de voix. Bien sûr, le président sortant porte une immense responsabilité. D’abord parce que le Rassemblement national gagne du terrain sur les plaies causées par la désespérance sociale et les inégalités. Emmanuel Macron n’a cessé depuis le début de son quinquennat d’enfermer le débat public dans ce duel mortifère, persuadé qu’il le gagnerait haut la main. Cette fois, l’arrogant président des riches pourrait s’y casser les dents et faire plonger le pays dans l’abîme. Le score étriqué que lui prédisent les sondages au second tour doit nous alerter. La victoire de l’extrême droite le 24 avril n’est plus impossible. Les laboureurs du terreau dont se nourrit la bête immonde seront ceux qui l’affronteront au second tour. Et pourtant, il nous faudra voter, la tête haute, sans chèque en blanc au président sortant. Nous avons la responsabilité historique de ne pas laisser notre pays aux mains de l’extrême droite. On entend déjà les « ni-ni », les « on ne m’y prendra plus», «onn’aja- mais essayé » ou « ça ne peut pas être pire ». À mesure que le danger avance, la conscience de celui-ci recule. C’est ça, la banalisation. Nous parlons ici d’une famille politique qui abhorre le progrès et l’égalité, qui souhaite un ministère de la « re- migration », qui s ’ attaquera à tous les droits conquis, les contre-pouvoirs, de la presse àla justice, mettra au pas la culture, représentera la France à l’ONU... Avant les luttes qui suivront contre la casse sociale de Macron, c’est ce combat qui nous attend ces deux prochaines semaines. Courage, barrage!
