Canalblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Vie de La Brochure
14 avril 2022

Guy Konopnicki Pour Fabien Roussel

A quoi bon reprendre ce texte, les élections une fois passée ? J’ai beaucoup lu Konopnicki dans la presse communiste avant 1978, je l’ai écouté, il était membre Verts, autour des années 1997 à Montauban et je le lis de temps en temps sur Marianne où il tient chronique. Son point de vue constitue un élément du débat, pour réfléchir à notre état social. Le PCF reste productiviste mais ce point ne figure pas dans le propos de Konopnicki sauf pour évoquer la question du nucléaire. JPD

Marianne

« Au beau milieu d’une campagne présidentielle médiocre et, à bien des égards, déshonorante, j’ai entendu la voix d’une gauche que je croyais disparue. Cette voix, celle de Fabien Roussel, porte les combats des travailleurs, elle nous rappelle ce que notre modèle social, si précieux, doit au mouvement ouvrier, au Front populaire, à la Libération, aux accords de Grenelle que la CGT imposa en mai 1968, et aux gouvernements de gauche, particulièrement ceux de Pierre Mauroy et de Lionel Jospin, qui comptaient des ministres communistes.

Il y a bien longtemps que je n’ai pas voté par le parti que j’ai quitté en 1978 parce qu’il revenait au sectarisme et refusait de rompre avec l’URSS alors même que les ouvriers polonais faisaient voler en éclats le mythe de la patrie des prolétaires Rejetant le communisme stalinien, et même léniniste, je n’ai pas pour autant renié mes engagements de jeunesse qui m’attachent à la France des travailleurs, au combat pour la justice sociale et à la vision républicaine de la nation. De mon éducation communiste, j’ai retenu l’enracinement dans la France des Lumières et de la grande Révolution, celle qui donne à tous ses enfants l’accès à l'éducation, par l’école laïque, gratuite et obligatoire. J’entends cette France quand Fabien Roussel défend la laïcité, et je ne crois pas, décidément, que l’on reconstruira une gauche en cédant aux exigences religieuses ou en assignant les populations immigrées à leurs origines et à leurs croyances obscures.

Je suis loin d’approuver la totalité du programme de Fabien Roussel, et les temps terribles que nous vivons ne nous permettent guère de croire aux « jours heureux ». Mais je partage avec lui la conviction que les indispensables transformations de l’économie, dont la mutation écologique n’est pas la moindre, n’appellent nullement le sacrifice du bien-être moins encore le renoncement au progrès. Elle sent la sacristie, cette prétendue gauche qui ne cesse de culpabiliser le prolo pour sa bagnole, son chauffage et sa nourriture.

La gauche ne peut être, non plus, la synthèse par un tribun démagogue de toutes les pulsions rétrogrades - islamisme, identitarisme des minorités, refus du nucléaire, du vaccin et, même, de l’universalisme. Elle se passe, la gauche, de ces modèles révolutionnaires venus d’ailleurs, qui, sous le verbiage anti-impérialiste, masquent, partout et toujours, l’arbitraire et la corruption. La radicalité peut sembler séduisante, mais elle prépare la pire des compromissions. S’opposer à la politique antisociale d’Emmanuel Macron, à sa pratique centraliste et technocratique du pouvoir ne saurait conduire à refuser de faire barrage à l’extrême-droite. Fabien Roussel, sur ce point s’est clairement engagé, il est le candidat de la gauche républicaine... et donc le mien. »

Commentaires
G
Konopnicki fut dirigeant de l'Union des Étudiants Communistes après la "purge" des militants trotskistes, maoïstes et "italiens" au sein de l'UEC peu de temps avant mai 68.
Répondre
Vie de La Brochure
Archives
Newsletter
Derniers commentaires
Visiteurs
Depuis la création 1 091 308