L’échec de Zemmour
Grâce au financement public des partis politiques (964 868 voix multiplié par 1,6 euros par voix) Reconquête a un petit matelas financier pour tenir la route même si 4,2% pèsent peu. Grâce aussi à des soutiens européens Zemmour peut espérer tenir sauf que sa stratégie est en échec car en fait d’union des droites il a joué le rôle de diviseur de l’extrême-droite. Il peut espérer que l’effondrement de LR et la division de ce parti face au pouvoir de Macron (surtout si Macron avec une majorité relative est obligé de faire alliance avec LR), vienne à son secours. Ce fut le rêve de Mégret, de Philippot et de quelques autres. Un rêve car en termes de «vote utile» le vote RN reste décisif.
L’échec de Zemmour montre exceptionnellement les limites des effets médiatiques. Il est né des médias comme, Berlusconi, Trump et tant d’autres (Zelensky par exemple) mais les traditions FN-RN restent plus fortes que l’agitation sur les plateaux télés en ce qui concerne l’extrême-droite. Ce n’est pas surprenant puisque Marine s’adresse à une population qui ne fait aucune confiance aux médias. Une part de l’électorat de la NUPES ne fait pas confiance aux médias or il sait qu’il est pieds et poings liés aux médias ! Je sais il y a les meetings de Mélenchon (avec hologramme à l’appui) mais ils sont un détail par rapport à la tactique.
Je l’ai noté malgré le 4% de Zemmour, le RN a fait 6% de plus aux législatives par rapport à 2017. En France comme dans le monde, l’avenir est à l’extrême-droite si les vestiges de la gauche ne construisent pas une stratégie allant au-delà du clivage historique droite-gauche. J-P Damaggio