Coup de théâtre sur le GPSO
Avant de quitter le pouvoir Castex a voulu laisser en héritage la construction d'une LGV. Pour ce faire il a inventé un plan de financement incluant la part de l'Europe (20%) tout en sachant que c'était impossible. Grâce au maire de Bordeaux nous savons à présent que l'Europe ne financera pas et avec des raisons qui sont celles des opposants de toujours (12 ans de luttes). La balle est dans le camp du gouvernement. Peut-il apporter l'argent manquant ? Soit la bagatelle de 3 milliards d'euros environ ? A suivre. J-P Damaggio
Jeudi 30 juin 2022
Communiqué de presse
L’Europe ne finance pas le GPSO : il est temps de lancer la modernisation des lignes existantes
L’Union Européenne ne financera pas le Grand Projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO) dans le cadre de son appel à projets 2021 du Mécanisme pour l’Interconnexion en Europe (MIE).
Pierre Hurmic, qui avait mis en garde sur la fragilité du plan de financement de la ligne à grande vitesse vers Dax et Toulouse, renouvelle son appel à lancer une alternative à la LGV : la modernisation des lignes existantes, pour être au rendez-vous ferroviaire européen de 2027.
Interrogée en marge de la conférence annuelle des "Connecting Europe Days" qui a eu lieu ce mercredi 29 juin à Lyon, sous présidence française de l'Union européenne, Karima Delli, présidente de la Commission transports au Parlement européen, a déclaré : « Nous n'avons pas retenu le projet de nouvelle ligne à grande vitesse GPSO. Il nous a semblé que des alternatives, fondées sur les lignes existantes, permettraient de diminuer fortement l'empreinte environnementale du projet et seraient plus utiles à la mobilité quotidienne des habitants. »
Réaction de Pierre Hurmic, maire de Bordeaux :
« La subvention européenne comptait pour 20% du plan de financement du GPSO, estimé à plus de 14 milliards d’euros, soit 2,8 milliards. Après avoir imposé aux collectivités un calendrier précipité de vote de leurs participations financières, et avoir demandé une avance financière à la Région Nouvelle Aquitaine, l’Etat doit aujourd’hui prendre acte qu’il faut arrêter ce grand projet inutile et destructeur de la biodiversité.
Un nouvel appel à projets de l’Europe pour le Mécanisme pour l’Interconnexion en Europe sera lancé en septembre 2022. Il est encore temps de préparer, avec l’ensemble des collectivités, des partenaires et des territoires, une candidature sur la base de l’alternative au GPSO : la modernisation des lignes existantes.
Cette modernisation permettra :
• La sauvegarde de 4 830 hectares d’espaces naturels, agricoles et viticoles, à l’heure où la biodiversité de notre territoire est notre meilleure alliée pour lutter contre le dérèglement climatique,
• Un maillage équilibré entre nos territoires ruraux et urbains,
• La suppression des bouchons ferroviaires du nord de Toulouse et du sud de Bordeaux,
• La circulation de trains à 250 km/h, entre Paris et Toulouse d’un côté, et Paris et l’Espagne de l’autre,
• De donner enfin la priorité aux trains du quotidien et au fret ferroviaire après des années de « Tout TGV ».
Rappelons enfin que l’Espagne fera circuler en 2027 des trains à 250 km/h jusqu’à la frontière française.
Avec la modernisation des lignes existantes, nous pourrions être prêts pour ce rendez-vous ferroviaire européen de 2027.
Une alternative deux fois moins coûteuse, plus responsable, plus réaliste, plus respectueuse de nos territoires. »
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