Avignon 2022 : Retour à Tigzirt à Présence Pasteur
Lounès Tazairt (au milieu sur la photo) est à la fois l’auteur de la pièce et l’acteur clef. Le lecteur le devine, un de nos détours plus ou moins obligé par l’Algérie et ici plus précisément la Kabylie.
Un vieil algérien a contacté son fils en France qu'il a abandooné depuis longtemps, pour que, sur son bateau, il le ramène mourir dans sa ville natale, Tigzirt, qui est aussi le nom de l’embarcation bien rendue sur scène avec les tangages inévitables.
François Frapier joue le vieux monsieur et de tous les acteurs croisés sur le festival, j’ai trouvé qu’il était champion, pour moduler sa voix. Bien souvent des acteurs confondent parler fort et crier, et ont dit qu’ils sur-jouent. François Frapier a toujours le ton juste, minutieusement juste. A en croire quelques références sur internet François Frapier et Lounès Tazairt qui ont derrière eux une grande carrière, se sont trouvés au coude à coude dès 1986 au Théâtre de La Tempête. Pour prendre une autre référence, Susana Lastreto et François Frapier se connaissent depuis 1978, date à laquelle ils se sont rencontrés à l’Ecole Jacques Lecoq et ils ont appartenu à une même compagnie.
Donc dans cette pièce ils sont sur un bateau où le fils et le père se réconcilient après avoir pris note de quelques malentendus qui traversent l'histoire de l'Algérie
Malheur, quand le bateau arrive en vue de Tigzirt, ils voient une foule sur le port dont ils pensent au départ que c’est un joyeux comité d’accueil, or finalement il s’agit d’islamistes qui leur tirent dessus ; si le père est un musulman modéré, le fils est un mécréant de première catégorie. Après quelques hésitations, le père accepte de faire demi-tour vers Marseille. Ils croisent alors un immigré africain qu’ils souvent de la noyade. Un autre type de débat s’engage avec un apport musical surprenant de l’Africain, mais voilà qu’ils arrivent en vue de Marseille et le comité d’accueil n’est pas plus agréable. Des extrémistes de droite leur imposent de faire demi-tour. Alors comme le craignait le fils, le père meurt sur le bateau et conformément à une histoire qu’il avait racontée, il va être obligé de jeter à la mer, le corps du décédé. Dans cette petite salle de 84 places le public était clairsemé alors peut-on espérer tout de même un succès ? Le spectacle le mérite J-P Damaggio
