Les islamistes et la gauche
Le constat de Djemila Benhabib :
«Quand je suis arrivée en France avec ma famille, en 1994, on s’attendait à ce que les intellectuels de gauche soient solidaires avec nous. On a été surpris de découvrir le contraire. Parce que l’islam était la religion des opprimés, il ne fallait rien dire. Je me suis retrouvée en porte-à-faux avec ma famille politique. Nous avons dû faire le deuil non seulement de notre pays, mais aussi de notre famille politique. Je n’ai pas hésité à le faire.»
Ce constat a été vécu des milliers de fois et il a un antécédent : en Iran parce que l’islam était la religion des opprimés le puissant parti communiste a appuyé la révolution des mollahs jusqu’au jour où les mollahs ont réussi ce que le Chah n’avait pu réussir : éliminer totalement le parti communiste par la répression la plus féroce jamais utilisée dans le pays.
La gauche, en France plus qu’ailleurs, vu la forte présence du Front national s’est tiré une balle dans le pied en passant du «travailleur immigré» à «l’immigré » puis au «musulman». Définir le travailleur par sa religion – d’autant qu’il existe plusieurs forme de l’islam – c’est contribuer à la fracture au sein des classes populaires. Une fracture qui fait la joie de l’extrême-droite. Et comme l’extrême-droite manifeste sa joie, la gauche dérive toujours plus.
S’il s’agissait de la seule dérive, nous pourrions espérer un sursaut mais quand elle préfère défendre l’utilisateur du train à grande vitesse à l’utilisateur du train de banlieue, elle prend encore plus mal en se tapant la tête contre les murs.
La gauche ne cesse de s’autodétruire partout dans le monde et son rapport à l’islamisme n’est qu’une des faces du problème.
Je ne peux que le répéter : parce que l’URSS était socialiste il ne fallait rien des travers qui la conduisaient à sa perte, or nous savons le résultat et sans avoir fait l’E.N.A. on aurait pu en tirer les conséquences. Mais justement ils dirigent la gauche (et les autres partis) les produits de l’E.N.A…
Ainsi cet été une polémique est apparue sur la question juive. Je dénonce plutôt cent fois qu’une la politique d’Israël, mais je sais AUSSI que l’islamisme, sans bruit, dénonce plutôt cent fois qu’une, les juifs. On ne peut dénoncer les deux phénomènes ? Je dis sans bruit car ils savent qu’il existe des lois à ce sujet mais quand une parente d’élève ne veut pas rencontrer un directeur d’école car elle le suppose juif (il ne l’est pas et même il le serait…) on peut vérifier où nous en sommes dans notre société.
Dieu a dit, l’avenir m’appartient, et le capitalisme se frotte les mains. J-P Damaggio