La gauche en 1984
J’ai déjà souvent évoqué ce tournant de 1984 produit par les résultats de l’élection européenne à savoir l’effondrement du PCF et la montée du FN. Après l’euphorie de 1981 ce fut la douche froide.
Je reprends ici un numéro spécial de la Quinzaine littéraire sur la gauche. Il est facile de vérifier qu’entre le débat de 1984 et celui d’aujourd’hui c’est la nuit et le jour.
Je vais retenir seulement deux articles : un sur les immigrés et un sur l’école.
En 1984 on passe de l’ouvrier immigré à l’immigré. On passe d’une double identité sociale et géographique, à la seule identité géographique. Mais ce premier glissement n’est rien par rapport à la suite même s’il est insupportable que la gauche balaie l’identité sociale. Les immigrés deviennent surtout des Beurs ou des Maghrébins. Petit à petit on va passer au terme Musulmans. Définir quelqu’un par sa religion c’est faire de la religion ce qu’elle souhaite.
Le terme Arabe va courir à travers le temps.
En 1984 on passe de l’école à la pédagogie. Depuis tout a été balayé par la gauche au profit de la droite et de l’extrême-droite. L’école n’est plus qu’un détail de l’histoire et la pédagogie une vue de l’esprit.
Quand on regarde le sommaire on a du mal à lire l’auteur du dernier article : Guy Konopnicki qui en 2022 appelle à voter Rousel. Il brandit le danger que peut faire courir au pays le retour de la droite. Ce fut l’axe majeur de Mitterrand en 1988. Entre la gauche à l’offensive avant 1981 on découvre que la victoire de 1981 fait passer la gauche sur la défensive. Le fait de bénéficier du pouvoir n’est plus un atout pour renforcer sa dynamique mais un boulet difficile à tirer ! JPD

