Le débarquement en Sicile en 1943
Hier au cours de ma causerie à Castelsarrasin, j’ai fait observer qu’en France, il y a eu très peu de Siciliens qui avaient droit, eux, à un comité d’accueil conséquent à New York. Et là, je glisse un rappel sur le débarquement des alliés (comprenez des USA maîtres des faits) en juillet 1943 en Sicile.
J’écris toujours en réponse à quelqu’un, voilà pourquoi j’ai un souci au cours de mes causeries : comment être assez bref, pour laisser la parole aux participants ?
Une personne indique : Mussolini et la mafia étaient sans doute main dans la main.
Si des éléments de la Mafia acceptaient d’être aux ordres de Mussolini oui, mais le propre d’une Mafia c’est d’être sous ses ordres à elle, sinon c’est la bien connue guerre des gangs.
Face à Mussolini, la Mafia sicilienne a pu bénéficier d’un beau comité d’accueil à New York et bien que la Mafia soit combattue par les autorités des USA, elle a été appelée à l’aide pour préparer le débarquement en Sicile.
Voilà comment à leur grande surprise des Siciliens ont découvert des libérateurs venus là…pour leur imposer le retour des chaînes classiques ! Partout des hommes de la Mafia se retrouvèrent aux postes clefs ! Par chance, la Sicile est une terre d’écrivains qui n’ont pas hésité à dénoncer une telle manœuvre, et qui n’ont pas hésité à flétrir leurs «libérateurs». Bien sûr des historiens nient ce fait.
La France a connu un débarquement presque un an après, et très rarement, bien que nous soyons dans une guerre mondiale, un lien est établi avec celui de Sicile si méconnu, or, au-delà de la péripétie Sicilienne, comment ce débarquement s’est-il poursuivi ensuite ?
Mon intention n’est pas de raconter toute l’histoire (elle aboutira à ce que l’Italie déclare la guerre à l’Allemagne en octobre 1943 !), juste d’attirer l’attention sur ce fait : y compris en France, le débarquement vu par les USA c’est un débarquement pour que ce pays place ses pions, et ce n’est pas lui faire injure que de le rappeler. Toute puissance a les moyens de mettre en place une stratégie GLOBALE. On ne comprend pas le Général de Gaulle qui, s’il fut très peu général était cependant un militaire consciencieux, quand on oublie que, pour son compte, il avait tiré les leçons du débarquement en Sicile ! Il n’a donc pas été étonné quand il a vu les USA, après le débarquement en Normandie, foncer vers Berlin sans se soucier de Paris, pour une seule raison, y arriver avant les Russes !
Suis-je en train d’écrire, en anti-nord-américain primaire, que les USA n’ont participé à la Guerre mondiale qu'après avoir été attaqué par le Japonais le 7 décembre 1941, pour le seul bien de leurs propres intérêts ?
Ce n’est pas pour maintenir l’équilibre de la balance, mais en tant qu’anti-soviétique primaire, faut-il rappeler que l’URSS n’a JAMAIS attaqué Hitler, Staline ayant préféré attendre que ce soit l’Allemagne qui rompe le pacte de non-agression conclu entre les deux pays. Peut-être parce qu'il pensait son armée plus apte à se défendre qu'à attaquer ?
Sauf que l’histoire ne s’arrête pas là : si la France et l’Angleterre ont déclaré la guerre à Hitler, suite au partage de la Pologne en 1939, conformément à un accord signé, ce fut seulement formel, ils ne l’ont pas faite, préférant attendre qu’Hitler choisisse son bon moment, pour conduire l’attaque avec le succès que l'on connait !
En 1945 le nazisme est devenu le monstre absolu. Il l’était dès 1936 et les autres puissances n’ont pas souhaité réagir prétextant qu’elles ne savaient pas ! Bien sûr elles savaient mais se posaient une unique question : une attaque, mais au bénéfice de qui ?
Ne cherchez aucun lien avec les guerres présentes, car, en ce nouveau siècle, aucune puissance n’a de stratégie. Elles fonctionnent à l’aveugle pensant : on verra bien de quoi demain sera fait. Le colonialisme fut une stratégie. La Seconde guerre mondiale fut une stratégie. L’invasion du Mexique par les USA fut une stratégie. Le mouvement ouvrier fut une stratégie. Une stratégie, c’est pour donner un sens à l’histoire. L’histoire n’a plus aucune force pour lui donner un sens, alors chacun cherche à défendre les droits acquis. Pourtant les peuples en lutte voudraient une direction ! J-P Damaggio