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Vie de La Brochure
5 décembre 2022

Encore sur le décès de Paul Burgan

Paul Burgan

 

Paul Burgan deuxième en haut à gauche SC Lafrançaise

Après quelques mots mis sur ce blog au sujet de Paul Burgan je reprends cet article de La Dépêche écrit par la mémoire du football départemenrtal, Jean-Claude Cabaret. JPD

La Dépêche

Il était apparu avec beaucoup de discrétion et d’humilité sur l’antique terrain du Saulou dans les années 60. Paul Burgan arrivait de Boulogne-sur-Gesse, son village, le club de l’ancienne gloire régionale Titou Fète et de l’avant-centre à lunettes Jean-Claude Blanchard, repéré par le stade de Reims, qu’il intégra pour une belle carrière professionnelle. Le Boulonnnais, milieu de terrain box to box, un terme inconnu dans ces périodes, rejoint ensuite le SC Lafrançaise avec lequel il partagea, sous la férule de Marcel Schaeffer, l’homme de construction, les premiers contours d’une formation qui allait s’illustrer plus tard, lors d’une accession à la Division 3 : les Mouillerac, Bozato, Séménadisse, Lepkowitz, Segonne, Pierre Terme, Martinez… annonçaient effectivement des lendemains chantants avec les renforts à venir des Meynen, Salido, Michel Cassayre. Joueur de devoir, Paul Burgan, ne cherchait pas la lumière, concentrant son action sur le service à ses coéquipiers. Cette période de vie bouclée, le Boulonnais allait se consacrer à une cause dont il fit son credo sa vie durant : professeur de français et latin au collège Pierre Darasse de Caussade, il fut un grand défenseur de la langue Occitane et créa, en qualité de coauteur, le remarquable dictionnaire toponymique de Tarn-et-Garonne. Il présida en outre l’Institut d’Études Occitanes du département, association Antonin Perbosc. Une vie de richesse consacrée aux autres, une vie qui reflétait ce qu’il fut sur le rectangle vert : servir sans se servir.

Le SC Lafrançaise, le MFC-TG présentent à Françoise son épouse, Christine, Hélène et Annie, ses filles, à l’ensemble de la famille leurs sincères condoléances.

 

La Dépêche lui a rendu hommage par un autre article mais sans la signature de son auteur, ce que par contre Le Petit Journal a fait. JPD.

Paul Burgan nous a quittés, mais nous a laissé tout son savoir qu’il a su partager au cours de multiples communications orales et écrites, surtout dans ses deux domaines de prédilection : l’occitan et les archives. Professeur de lettres au collège de Caussade, il avait été recruté par l’inspecteur d’académie qui en avait fait son conseiller culturel durant une dizaine d’années, avant que la retraite bienvenue lui permette de se livrer entièrement à ses passions. Déjà, par sa voix, il participait au Chœur du Conservatoire qui se produisait, parfois bien au-delà du département.

Natif des Hautes-Pyrénées, sa langue maternelle étant le gascon, il avait très vite su s’adapter au dialecte languedocien jusqu’à le posséder pleinement, autant par une diction parfaite que par une écriture superbement maîtrisée dont a bénéficié la section Antonin Perbosc de l’Institut d’Etudes Occitanes lors de sa présidence, pendant près de dix ans. Que de promenades toponymiques bien vivantes conduites sur le terrain, allant jusqu’à rassembler une centaine de personnes au pays de Perbosc ! C’est à Labarthe qu’il a recueilli et mis en graphie normalisée les pièces de théâtre du regretté Jean-Claude Hébrard, publiées récemment.

Mais c’est surtout aux Archives départementales (dont Paul a présidé l’Amicale) qu’il se rendait assidûment, compulsant nombre de terriers, compoix, cadastres, registres… Certains en occitan ancien, d’autres en vieux français, qui ont été dépouillés avec la complicité de l’ami trop tôt disparu, André Lafon ! Le résultat est sidérant : les deux monuments que constituent la toponymie du Tarn-et-Garonne et celle de Montauban ont été présentés jusqu‘à Paris, à la Société d’onomastique française. D’autres études ont également précisé l’historique, par les noms de lieu, de Mouillac, Verlhac-Tescou, Caussade… Féru de latin et de grec, Paul était le référent occitaniste pour le département.

Son travail considérable reposait sur un engagement constant aux côtés des causes culturelles ; ainsi en a-t-il été auprès de l’Académie de Montauban (pour le Dictionnaire des rues et chemins), de la société d’Archéologie (pour des publications dans le Bulletin) ou du Club des retraités de l’Education nationale (pour la dispense des cours d’occitan), sans parler de l’I.E.O.-82 déjà cité en toute première place.

Si l’on repense à l’humaniste discret qui a animé mainte réunion de manière conviviale, c’est avec un profond regret et une vive émotion que nous saluons son départ, tout en sachant que nous pouvons le retrouver par le biais des travaux qu’il nous a légués. Norbert Sabatié

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