Bella Ciao, j’en apprends des belles….
Baru a décidé de donner le nom de la chanson célèbre à l’histoire de son univers d’ouvriers de la sidérurgie, dessiné en trois tomes. Et là j’en apprends des belles sur la dite chanson et j’imagine que Baru a opté pour ce titre quand il a découvert le phénomène !
Je ne sais trop quand j’ai été moi-même marqué par Bella Ciao, cette chanson de partisans, issue d’une chanson populaire de femmes paysannes. Je ne pense pas que mon père l’ait connu ! Et je comprends à présent, puisque cette chanson de partisans a été si peu chantée par les… partisans ! J’ai toujours préféré le terme offensif de partisan à celui défensif de résistant. Elle honore les partisans au début des années 60 ! Avant les communistes avaient Bandiera Rossa et Fischia il vento sur un air russe. Seulement en 1964 au Festival de Spoletto, la version actuelle de Bella ciao s’est imposée ! Le PCI se libérant de l’imagerie soviétique trouve son bonheur dans une chanson qui fait l’unanimité avec socialistes et démocrates chrétiens très heureux d’y voir la disparition du rouge.
Giovanna Daffini avait popularisé la version traditionnelle de la chanson paysanne, apprise dit-elle en 1941, paysanne elle-même au départ. Rien n’est clair ensuite, comment se mélange les deux histoires, avec cette mélodie irrésistible venant… d’Europe de l’Est.
L’érudition autour des origines de cette chanson est de peu de poids au vu de son succès mondial mais elle a cependant son rôle. Passer de Bandiera Rossa à Bella Ciao, n’est pas un passage de la révolution au réformisme mais le passage d’un temps capitaliste classique à celui d’un temps capitaliste actuel. Et on n’affronte pas le fordisme comme on affronte les GAFA. Les communistes italiens des années 60 avaient mesuré les mutations indispensables au succès des révolutions du futur, mais sans pouvoir leur donner l’ampleur nécessaire. Ils ont été rattrapés par la chute des pays socialistes, qui leur a coupé l’herbe sous les pieds. Il reste la chanson sans le projet politique à sa dimension !
La France, pays de la Marseillaise et de l’Internationale deux chansons dont le succès mondial n’est pas à démontrer, est resté sur la célébration de son passé. En 1984 pour un congrès du PCF j’avais proposé la chanson de Ferrat, Le Bilan, comme nouvelle référence. Une chanson qui aurait pu être transformée en changeant le titre, et en faisant de la dernière strophe un refrain. Une chanson de Ferrat d’avant la chute du mur de Berlin !
J-P Damaggio
Au nom de l’idéal qui vous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui
C’est un autre avenir qu’il faut qu’on réinvente
Sans idole ou modèle, pas à pas, humblement
Sans vérité tracée, sans lendemains qui chantent
Un bonheur inventé définitivement
Un avenir naissant d’un peu moins de souffrance
Avec nos yeux ouverts en grand sur le réel
Un avenir conduit par notre vigilance
Envers tous les pouvoirs de la Terre et du Ciel
