Luttes des classes et éducation physique
Le 17 février 1931 Le Miroir des Sports dans un long article (avec photo ci-contre) prétend réconcilier Paschal Grousset et Pierre de Coubertin sous le prétexte que ces deux hommes furent les précurseurs de l’éduction physique en France.
L'auteur, Paul Labarre pointe cependant ceci :
« On reconnut alors les services rendus à cette cause par celui qui fut justement surnommé "le Christ de… la gymnastique ». Mais la révélation qu'André Laurie [un des pseudos de Grousset] était un ancien membre de la Commune ne fut pas du goût de certains et, malgré l'adhésion de tous les recteurs, doyens, proviseurs à la Ligue de l'Education physique, dont M. Berthelot avait accepté la présidence, le vent tourna soudain. »
Et conscient de la situation il ajoute :
« Un homme tout à fait jeune à l'époque, M. Pierre de Coubertin, qui, à l'instigation d'André Laurie. — ainsi qu'il en convint lui-même — avait pris goût aux exercices physiques, déclencha le mouvement auquel Paschal Grousset travaillait patiemment depuis dix ans. M. de Coubertin réussit d'autant mieux que le fondateur de la « Ligue du
Lendit » et de la « Coupe des Lycéens », satisfait de voir s'épanouir les idées qu'il avait semées, dédaigna d'en revendiquer la paternité. C'est à Paschal Grousset, cependant, qu'appartient l'idée première, le nom même des «Jeux Olympiques», aussi bien que le terme, jusqu'à lui inusité d'«éducation physique» Seul, l'antagonisme de ceux qui ne voulaient voir en Paschal Grousset que l'homme politique et non l'éducateur, ardent patriote, fut cause de cet injuste et étrange silence. »
Sauf qu’ils luttaient pour des objectifs radicalement différents car chez Paschal Grousset l’éducateur et l’homme politique ne faisaient qu’un.
Donc, en octobre 1888, Philippe Daryl - André Laurie « crée la Ligue nationale d'éducation physique qui, globalement, rejette la compétition sportive en la considérant comme politiquement et moralement néfaste. Il s'oppose ainsi frontalement à Jules Simon qui a créé en juin de la même année un Comité pour la propagation des exercices physiques. En effet, si Grousset est favorable à la pratique des sports en tant qu'hygiène de vie, il rejette toute idée de compétition, au profit d'un idéal de fraternisation et d'éducation populaire. Cela le place, à tous les égards (tant en politique qu'au
niveau de l'idéal sportif), totalement à l'opposé d'un Pierre de Coubertin. Grousset, le vieux et Coubertin, le jeune, se détestent réciproquement. Coubertin écrit dans une correspondance avec Philippe Tissié : Ce « Monsieur Paschal Grousset qui est un homme que je méprise et avec lequel je ne veux point avoir de rapports » ».
Je suppose que cette présentation, comme toute la page de Wikipédia, est l’œuvre de Xavier Noël car elle pose les enjeux avec clarté.
La Ligue nationale d'éducation physique avait un journal, Education physique et la lutte de l'associaiton a aussi fait l'objet d'un autre beau livre.
De tout temps le sport a été politique mais politique au vrai sens du terme : pour exclure le peuple ou pour l'inclure.
Aujourd'hui le terme politique consiste le plus souvent à choisir entre plusieurs formes de capitalisme, afin dans touts les cas d'exclure le peuple de la société. J-P Damaggio
Paschal Grousset bénéficie d’une page spéciale sur Gallica.


