Conseil départemental du 82 2023
J'ai évoqué la position de Baylet. Voici celle des opposants. J-P Damaggio
BUDGET 2023 : AVIS DE GROS TEMPS AU CONSEIL DÉPARTEMENTAL !
Le budget présenté est réaliste. Il prend en compte le contexte actuel. De ce fait, il est à la peine, et il nous amène quelques réflexions dont nous parlerons en terme météo.
Chaque mandature à ses problèmes auxquels chaque élu doit faire face avec les moyens dont il dispose. Dans la mandature précédente, nous n’avons pas été épargné avec un temps que nous qualifierons de très frais et même de glacial.
En 2015, le Département était classé parmi les 10 plus endettés et les 10 plus imposés de France, donc sans marge de manœuvre financière. Là-dessus, nous avons pris de plein fouet la diminution des dotations de l’Etat. En cumulé, jusqu’en 2017, le Département a perdu 12 millions d’euros. Ce n’est pas peu.
En 2018, le pacte Cahors nous est tombé dessus et a limité le budget à 1,2%.
Puis il y a eu le RIFSEEP à mettre en place. Cela a pris beaucoup d’énergie et de temps. Cela n’a surement pas été parfait du premier coup mais il a corrigé beaucoup d’inégalités de l’ancien système de primes plutôt opaque, inéquitable. C’est le moins que l’on puisse dire !
En 2019, la crise COVID a fait évoluer le Département et les entreprises en mode dégradé.
Malgré ces contraintes, le Département n’a pas été immobile, comme il est répété. Il a poursuivi les investissements sur les bâtiments en général, CDEF, MDPH, Collège de Verdun, sur la mise en place de la fibre pour tous, sur les casernes de pompiers ou de gendarmerie, sur la voirie passée à 17millions d’euros, pour n’en citer que quelques-uns.
Dans le même temps, il y a eu une augmentation de l’épargne nette, un désendettement et donc une situation financière améliorée.
Bien sûr, tout n’a pas été fait, loin de là, mais cela a été fonction de nos moyens et tout ne sera pas fini, non plus, en 2028 à la fin de ce mandat.
Revenons à la météo. Le temps s’est bien éclairci depuis 2021 et le début de ce mandat.
En investissement, nous profitons pleinement du plan de relance de l’Etat, et en fonctionnement, nous bénéficions de belles retombées de pluie après les périodes sèches avec les droits de mutations, qui étaient de 34 millions d’euros en 2020 et qui sont passés à 44 millions d’euros en 2021, puis 49 millions d’euros en 2022. Cela fait 25 millions d’euros de bonus. Ce n’est pas rien, non plus ! Mr DESCAZEAUX, conseiller départemental de Montauban, nous parlerait peut-être de 50 giratoires ou de 25 giratoires et 25 Kms de voirie catégorie 1. Nous croyons plutôt qu’il parlerait de 2 collèges en réalité !
Une partie de cet argent est mis sur les bâtiments en général et la rénovation des collèges. C’est une bonne chose. Il y avait ce besoin en 2015. Il n’a pas disparu. Si le Collège de Verdun n’avait pas été construit, 2 millions d’euros par an auraient pu combler ce manque.
Le budget 2023 : on y arrive… Enfin ! Dirions-nous.
Le temps s’est sérieusement dégradé. Le contexte actuel amène une forte augmentation des dépenses de fonctionnement : + 23% sur dépenses à caractère général, +14 % sur le personnel, +5 % sur les charges de gestion, soit près de 16 millions d’euros de plus que l’an dernier pour seulement 12 millions d’euros de recettes supplémentaires. Ce n’est pas obligatoirement la faute entière à la majorité départementale actuelle mais la conséquence directe et immédiate est une baisse de 25 % de l’épargne nette qui affectera inévitablement nos futurs investissements.
Puis, il y a la dette. On glorifie la baisse de son montant qui était de 207 millions d’euros en 2015, 202 millions d’euros en 2020 et affichée à 181 millions d’euros à fin 2022. C’est bien mais cette baisse masque la réalité de la dette départementale. On nous propose de voter un engagement de 85 millions d’euros pour la LGV qui, au bout du bout, approcherons les 100 millions, s’ils ne les dépassent pas. Nous avons aussi un engagement de 7 millions d’euros pour la sortie autoroutière à Lacourt-Saint-Pierre. Et nous n’avons pas encore parlé du grand hôpital de Montauban et des financements à venir indispensables.
Pour la dette, ce n’est pas une décrue mais plutôt un tsunami, inquiétant pour nos finances départementales.
En 2022, la majorité actuelle a réalisé un emprunt d’un montant de 13 millions d’euros au taux de 2,90%, soit un coût global en intérêts de plus de 3 millions d’euros. Ce qui est regrettable, c’est de ne pas avoir réalisé en 2021 le même montant à un taux de 1,00% pour un coût global d’intérêts de plus de 1 million d’euros, alors que les investissements étaient programmés et les crédits de paiement engagés. Les contribuables Tarn-et-garonnais seront redevables de 2 millions d’euros d’intérêts de plus à payer !
En conclusion, il faudra arrêter d’affabuler et d’annoncer des plans qui ne sont crus que par ceux qui les annoncent et qui ne pourront immanquablement pas se réaliser à part miracles, gains à la loterie ou magnifiques dons.
C’est pourquoi, le groupe TARN ET GARONNE D’ABORD a voté CONTRE le budget primitif du Conseil Départemental.
Elisabeth CASTAGNÉ – Véronique COLOMBIÉ – Marie-José MAURIEGE – Christian ASTRUC – Jean-Claude BERTELLI – Jean-Philippe BESIERS