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Vie de La Brochure
22 février 2023

Félix Castan et Lucien Andrieu

paysans

Je viens de découvrir le texte de cette conférence de 1953 de Félix Castan à propos du peintre Lucien Andrieu. Vu son ampleur on y découvre tous les aspects de l’œuvre de Lucien Andrieu mais en fait l’artiste permet surtout à Félix Castan de dérouler sa théorie anti-centraliste, qui sera l’œuvre de sa vie. Pour en arriver à sa chère école montalbanaise.

« Nous n’allons pas remonter au temps de Jeanbon Saint-André ni même à Jean-Dominique Ingres dont il faudrait examiner trop longuement dans quelle mesure il peut être mis à l’origine d’une école montalbanaise. »

Par sa théorie Félix Castan construit toujours des cohérences. L’œuvre de Lucien Andrieu est cohérente. Et le tout permet cette autre cohérence, l’école montalbanaise artistique.

Il m’arriva d’étudier le lien très fort entre Cladel et Bourdelle, entre Bourdelle et Perbosc et entre Perbosc et Castan. Je peux glisser dans cette histoire le cas Pouvillon.

Ce qui m’étonne c’est de ne pas y voir le cas du peintre Bergère. Peut-être n’était-il qu’un simple peintre de terroir avec le dessin de ses pigeonniers ? Il dessinait ceci étant dans le journal communiste Patriote du Sud-Ouest si cher à Félix Castan.

« Andrieu n’allait pas devenir pour autant un peintre provincial, un peintre coupé du mouvement contemporain, un peintre de clocher, un simple peintre du terroir. »

Pour célébrer l’anti-centralisme il était vital de le distinguer du provincialisme produit justement… par le centralisme. Mais allons au fait :

"Andrieu nous offrait plus qu'une œuvre, au travers de son œuvre il nous offrait une méthode."

Il m’est arrivé de lutter aux côtés de Félix Castan pour défendre sa méthode mais la conférence révèle que très vite il a voulu plier la réalité à sa méthode. Ce ne sont pas les faits qui dictent la méthode mais la méthode qui permet de lire les faits : elle se replie sur elle-même… dès 1953.

Il évoquera Ingres plus tard pour l’inclure dans sa méthode, un Ingres peu académique par ses dessins, un Ingres reconnu par Picasso. Castan va donc célébrer le lieu comme formateur de l’artiste :

"Andrieu vu d’ailleurs que de Montauban ou du moins compris d’ailleurs que de Montauban, ce n’est plus Andrieu."

Et Andrieu et son épouse un temps, la peintre Albanie Combres devenue Claire Valière, quel est son rôle, sa place ? La question me parait d’autant plus judicieuse que :

"Je fus conduit chez Andrieu par un autre jeune peintre, dont le jugement concordait avec celui de Lapoujade, ce qui me rassura un peu, une jeune fille connue aussi parmi vous, Marcelle Dulaut."

Marcelle Dulaut l’épouse de Félix Castan, quelle place dans sa théorie ?

De mon contact avec Félix Castan j’ai retenu la fonction du lieu dans l’approche de l’histoire, ce qu’on appelle aujourd’hui la géopolitique. J’ai rêvé d’une histoire comparée Nîmes-Montauban. Et pour Cladel-Andrieu-Ramey, le lieu de référence s’appelle Bruniquel et son hameau de St Maffre. Tout comme pour Perbosc, Montauban sera pour lui un lieu secondaire.

Mais le hasard faisant bien les choses il se trouve que dans les portraits tracés de Montalbanais Félix Castan a oublié un cas qui me passionne depuis des années Raoul Verfeuil, le même Raoul Verfeuil qui en 1910 a visité à Montauban l’atelier de… Andrieu :

"Il joint à une audace qui peut surprendre mais qui est voulue, une conception très personnelle et très exacte, quoique peut-être un peu idéaliste, de la nature qu’il contemple, de l’homme qu’il étudie, et ce mélange de réalisme et de poésie est la preuve indéniable qu’Andrieu est un véritable artiste."

Et par cette autre appréciation Verfeuil et Castan se rejoignent  :

"Et maintenant, pourquoi cet artiste de talent n’est-il pas plus connu et mieux apprécié ? C’est l’éternelle histoire. Il n’habite pas Paris et ne peint pas un certain monde, — le monde bourgeois. Il travaille à sa façon, comme il l’entend, épris de silence et de recueillement, tout à son idéal et à l’œuvre qu’il ébauche, au paysage qu’il reproduit, au buste qu’il modèle ; il travaille dans le but sublime de servir seulement la cause de la beauté et non de satisfaire une clientèle généralement aussi maniaque qu’elle est stupide, éprise de formules et de nullités, passionnée de veulerie."

Par la suite Andrieu ira à Paris tenter sa chance. Par la suite il va se marier avec une femme de saint Maffre. Et Verfeuil va mourir trop jeune de tuberculose. Dans son article, il parle surtout du Andrieu sculpteur que Castan n’évoque pas. Il serait génial d’avoir le catalogue illustré de l’expo de Montauban de 1953 si le catalogue a existé. J-P Damaggio

Andrieu_Castan

J'ai déjà publié : la réponse de Bayrou, le texte de Saincaize en 1909, le texte de Verfeuil en 1910

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