La famille Clamens de Verdun sur Garonne
Quand au tournant des années 1985 j’ai étudié les sans-culottes de Montauban pour rappeler que les sans-culottes ne furent pas que Parisiens, j’ai tenu à préciser qu’en Tarn-et-Garonne ils étaient aussi dans les petits villes et villages et j’ai pris le cas de Verdun sur Garonne. C’était bien sûr un clin d’œil à une commune qui est resté rebelle jusqu’en 1989 avec un passé fortement communiste symbolisé par la famille Clamens.
J’ai alors rêvé d’écrire une histoire croisée des trois communes communistes du 82 avant 1940 : Laguépie, Dunes, Verdun, trois communes témoins du communisme rural que j’ai ensuite étudié avec le cas de Renaud Jean que j’ai sorti de l’oubli car suite à un premier livre une association est née dans le village avec ensuite un beau colloque.
Ce livre restera un rêve mais voici cependant un écho sur la famille Clamens.
Aux élections cantonales de 1937 voici les meilleurs résultats pour le PCF :
Auvillar : Amisse 15,76% / Verdun : Champié 12,91% / Saint-Antonin : Granier 8,66% / Montaigu : Soubiran 9,05%
Seul le cas de Montaigu me surprend.
Alexandre Clamens, pour le PCF, a été maire de Verdun de 1919-1925 / 1929-1941 / 1944-1947. Vingt et un ans au total !
Même Cyrille Belloc grand connaisseur de Verdun dans un long texte sur la Résistance écrit :
« Extrêmement avancé politiquement, depuis longtemps favorable à la gauche, ses municipalités furent tout à tour dirigées par un radical-socialiste avant la guerre, par un communiste après la guerre et actuellement par un socialiste ».
Au vu du nom du maire socialiste, ce texte date d’après 1971 et il ne sait donc pas qu’avant la guerre Alexandre Clamens a été maire communiste !
D’ailleurs, quand on regarde sur le Maitron, peu de références si ce n’est Dominique Porté qui a croisé les cas Clamens en étudiant le cas Marcel Thourel. Je note seulement :
« Alexandre Clamens né le 15 janvier 1889 à Verdun-sur-Garonne (Tarn-et-Garonne) ; agriculteur ; militant communiste ; maire de Verdun-sur-Garonne.
Propriétaire agriculteur, Alexandre Clamens fut élu conseiller municipal communiste de Verdun-sur-Garonne en 1929 et 1935. La préfecture du Tarn-et-Garonne le démissionna d’office en 1941. Il fut élu maire de Verdun-sur-Garonne à la Libération et premier élu communiste au conseil général. Secrétaire de la section communiste de Verdun-sur-Garonne, il abandonna ses responsabilités au Parti par lettre du 7 juillet 1946. Son fils, Jean Clamens lui succéda en octobre 1947. Était-il parent de Clamens, maire en 1928 ? »
Le fils à une bio plus fournie :
« CLAMENS Jean
Né le 29 août 1912 à Verdun-sur-Garonne (Tarn-et-Garonne), mort le 8 janvier 2000 à Verdun-sur-Garonne. ; résistant et militant communiste ; maire de Verdun-sur-Garonne (1947-1971).
Fils d’Alexandre Clamens qui fut maire communiste de Verdun-sur-Garonne en 1929 avant d’être destitué en 1941 par le gouvernement de Vichy puis conseiller général en 1945, Jean Clamens adhéra au PCF en 1937. Agriculteur sur la ferme « Les Mauroux » avec son épouse Justine, née Delbreil, il participa en juin 1943 avec Cyrille Belloc comme responsable à la création d’un groupe FTPF à Verdun-sur-Garonne. un groupe FTPF. Arrêté le 7 mai 1944, il est libéré faute de preuve.
La ferme des Clamens constitua une véritable plaque tournante pour les cadres de la Résistance, agents de liaisons, courriers... De nombreux responsables y furent accueillis et protégés dont Gaston Plissonnier, responsable des cadres de l’inter-région Sud-ouest, Marcel Thourel responsable interrégional, mais également Henri Kurster, André Delacourtie, Lucien Naulet, Jacques de Laurenti.
En relation avec Gaston Plissonnier, Jean Clamens fut nommé responsable interrégional des Comités de défense et d’action paysanne (CDAP) pour le Lot-et-Garonne, le Gers et le Tarn-et-Garonne. En mars 1945, il fut élu premier président de la Confédération générale agricole (CGA). À la tête d’une liste d’union républicaine et de défense des intérêts communaux soutenue par le PCF, il fut élu maire de Verdun-sur-Garonne en 1947, il le resta jusqu’en 1971. »
Je me suis arrêté sur le cas Clamens car j’ai pu reprendre le discours d’Hugues Bauchy sur sa tombe de Jean publié sur les Nouvelles du Tarn-et-Garonne en janvier 2000. Je le donne sans commentaires pour le moment et la photo est celle publiée sur le journal. J-P Damaggio
