Retour sur 1995
Le hasard de mes rangements me fait tomber sur un gros dossier des luttes de 1995 souvent mentionnées ces derniers temps.
Fidèle à mon habitude je prétends que depuis, le monde a été révolutionné… en partie à cause des luttes de 95. Par exemple : la grève à la SNCF pouvait paralyser l’économie, elle ne gène plus que les voyageurs, l’économie étant entre les mains du transport routier.
Pour ce retour sur 1995 je retiens le contenu du Nouvel Obs du <14 décembre 1995.
Du côté syndical
D’abord souvenons-nous des trois leaders syndicaux si différents de ceux d’aujourd’hui : Nicole Notat pour la CFDT, Louis Viannet pour la CGT, Marc Blondel pour FO. Avec cependant un point commun : les luttes replacèrent les syndicats au premier plan. Pour les observateurs, le grand gagnant ce fut la CGT et d’ailleurs le leader des cheminots qui émergea à l’époque est devenu le dirigent de la confédération : Bernard Thibaut.
La CFDT avait perdu car elle se divisa fortement permettant aux nouveaux syndicats SUD de se développer.
Et du côté de FO, Blondel était devenu l’homme à abattre.
Mais côté syndical en plus de Bernard Thibault un autre homme émergea : Michel Deschamps pour la toute nouvelle FSU. Il va tenter une carrière politique sur la liste du PCF aux Européennes de 1999.
Bruno DALBERTO-AWENENGO né le 6 juin 1956 à Casablanca (Maroc); chef de chantier Messageries (CCM qualification D) ; syndicaliste CFDT ; secrétaire général des Cheminots CFDT (1992-1998) va continuer une carrière de syndicaliste : élu au CCE de la SNCF (1984-1990) ; membre du secrétariat FGTE-CFDT (1989-2003) ; membre du comité exécutif de la Fédération Européenne des Transports (ETF) à partir de 2005 ; membre du bureau de l’UIT-CGT en 2006, puis conseiller confédéral à l’espace international de 2007 à 2012.
Côté politique
En 1993 la gauche avait subi une lourde défaite confirmée en 1995 mais la lutte de 1995 va la remettre sur les rails avec sa victoire en 1997. Pour ce faire le PS de Jospin a su tenir l’équilibre entre les différents courants syndicaux mais j le rappelle à chaque fois : cette victoire de 1997 fut un cadeau empoisonné octroyé par l’électorat… FN !
Jospin était en lutte contre Fabius pendant qu’au PCF Robert Hue imposait une ligne totalement unitaire permettant le retour de ministres communistes en 1997.
Il est de bon ton de dire qu’en 95 Chirac lâcha Juppé sauf que les réformes de 95 avaient une porte de sortie : partager la poire en deux.
Le 15 décembre, le gouvernement retire sa réforme sur les retraites, la fonction publique et les régimes spéciaux (SNCF, RATP, EDF), cette décision étant interprétée comme une victoire par les syndicats de salariés. Mais il refuse de céder sur la Sécurité sociale, dont le budget est depuis voté au Parlement (modification constitutionnelle historique par rapport à 1945). Le mouvement alors décroît. Un « sommet social » se tient à Matignon le 21 décembre, concluant un mois d'agitation sociale en France.
Du côté attentats
Je crains que la série d’attentats du GIA ne soit oubliée. Le nom qui faisait trembler : Kelkal. 25 juillet 95, attentat au RER St Michel ; 3 septembre attentat sur un marché parisien ; 7 septembre, voiture piégée à Villeurbanne ; 30 septembre Kelkal est abattu près de Lyon ; 17 octobre attentat dans le RER.
Attentats oubliés pourtant la liste est honorable. Sur le Nouvel Obs c’est Farid Aichoune qui fait le bilan.
Cette vague va s’affaiblir en même temps qu’évolue la question du GIA en Algérie.
Mais on découvrira ensuite que la version algérienne de l’islamisme n’est qu’une parmi d’autres et pour longtemps.
La télévision
Le 5 décembre 1995 la Cinquième chaîne a un an. C’est Comte-Sponville qui réveille ceux qui se lèvent tôt.
La télé était beaucoup plus intello qu’aujourd’hui et beaucoup plus cinéma. Le 18 décembre à 20 h 40 sur Arte c’était l’inoubliable «Le Guépard». Et sur Paris première l lendemain Roberto Benigni. Et peu après l’histoire de Vittorio Gassman sur Canal +.
Ceci étant comme toujours la presse est beaucoup plus que les citoyens du côté du pouvoir. On le vérifiera en 2005. Preuve que l'intoxication médiatique n'est pas aussi forte qu'on le dit..
Et la Russie
Sur le Nouvel Obs c’est K.S. Karol, un grand connaisseur de l’URSS qui suit les événements et qui prédit une victoire du communiste Ziouganov que j’avais oublié plus que les attentats.
Le parti communiste de Ziouganov participe aux législatives de 1991 puis fonde le Parti communiste de la fédération de Russie (KPRF) en 1993.
Aux élections de 1995, le Parti communiste de la fédération de Russie devient en effet, comme l’annonce K.S. Karol un peu avant, la première force de la Douma avec 157 sièges. Lors de l'élection présidentielle de 1996, Ziouganov recueille au second tour, officiellement, 40,3 % des suffrages face à Boris Eltsine. Malgré les fraudes. Pendant le deuxième mandat du président russe, Ziouganov ne cessera de réclamer un gouvernement d'union nationale et la démission de Boris Eltsine.
En 2000, il est encore le candidat du Parti communiste à l'élection présidentielle, et a pour principal adversaire Vladimir Poutine. Il obtient 29,21 % des suffrages exprimés au premier tour, tandis que Vladimir Poutine est élu avec 52,94 % des voix. En 2008, il rassemble 17,72 % des voix.
Voilà pour rafraichir nos mémoires. J-P Damaggio






