La Galice et le Quijote
C’est l’ami René Merle qui se souvient d’une rencontre entre le Quijote et des Galiciens ou Asturiens. J’ai eu envie de vérifier et plusieurs questions sont apparues.
D’une part il n’y a pas plus castillan que le voyage du Quijote à travers l’Espagne, d’Alcalá de Henares à Almagro en passant bien sûr par El Toboso.
Mais il rencontre des personnes qui le renvoient aux autres régions d’Espagne, Andalousie, Estrémadure et… Galice (sans oublier Barcelone où le Quijote se rend à la fin du roman). Il semble qu’au milieu du premier tome, dans une auberge où Sancho avait de très mauvais souvenirs, la servante soit une Galicienne : Maritorne.
Deuxième question qu’autour de 1900 des Galiciens se sont posées : à partir du moment où Cervantès rappelle que toutes les langues sont dignes d’intérêt, et à partir du moment où des gens du peuple s’expriment dans son livre, la langue espagnole utilisée est sans nul doute plus variée qu’on ne le prétend. Mais encore faut-il lire l’original…
Autre fait, le Quijote n’a été traduit totalement en galicien qu’en 1989 avec diffusion en 1993 après les traductions en catalan et basque. Un fait qui n’est pas seulement le résultat de la politique nationaliste de Franco, mais aussi le résultat du nationalisme galicien qui réduisait le Quijote à son rôle de porteur du castillan. La version en galicien a depuis était diffusée largement à petit prix par le journal La Voz de Galicia.
Et enfin les origines galiciennes de la famille de Cervantès étudiées par le Padre Sarmiento.
A ce sujet la dédicace du tome 2 au Comte de Lemos est significative. Il s’agit d’un titre de noblesse espagnol, lié à la ville galicienne de Monforte de Lemos. Ce comte est devenu vice-roi de Naples et un des grands protecteurs de Cervantès. La dédicace évoque la Chine de manière amusante.
