Quand le PCF était en pointe pour défendre le breton et le catalan
L’histoire a retenu la loi Deixonne de 1951 que l’histoire a beaucoup modifié depuis.
Avant cette loi des députés communistes ont apporté leur pierre à l’édifice à partir de la défense du breton et du catalan.
16 mai 1947. Proposition de résolution tendant à inciter le gouvernement à prendre les arrêtés et mesures nécessaires à la conservation de la langue et de la culture bretonnes. (Renvoyée à la Commission de l'Education nationale.) Présentée par MM. Pierre Hervé, Gabriel-Paul Signor, Hamon, Mme Hélène Le Jeune, MM. Guigen, Marcel Cachin et les membres du groupe communiste et apparentés, députés.
Je pointe juste deux députés PCF. Pierre Hervé avec le soutien de Marcel Cachin, présente notamment un projet de loi instaurant l'enseignement bilingue (dont le breton) dans les écoles publiques, qui est adopté par l'Assemblée nationale mais rejeté par le Sénat.
24 juillet 1948. Proposition de loi tendant à l'enseignement de la langue catalane dans les Universités de Montpellier et de Toulouse et dans certains établissements d'enseignement. (Renvoyée à la Commission de l'Education nationale.) Présentée par MM. André Marty, Calas, Tourne, Jacques Gresa, LLante et les membres du groupe communiste et apparentés.
Je reviens sur cette question dans le cadre de mon étude du cas Frédéric Cayrou, sénateur radical qui est intervenu dans la discussion sur la loi Deixonne pour défendre l’occitan.
Ce qui m’a conduit à revenir vers Perbosc qui a toujours été défendu par Orion sur l’Action française dont René Merle m’indique qu’il s’agit d’Eugène Marsan.
Il est facile de constater que la défense des langues de France a toujours été le fait de personnalités plus que d’entités collectives. Le radical Cayrou, en défendant l’occitan, n’est pas le porte-parole de ce parti sur le sujet, pas plus qu’André Marty en défendant le catalan n’est le porte-parole du PCF sur le sujet, ou Marcel Cachin pour le Breton.
Les langues de France, en tant que langue, comme toutes les langues, constituent un fait collectif, mais faute d’appui institutionnel, elles ne peuventt bénéficier en retour d’un soutien collectif, mais seulement d’un soutien de personnalités. En tant que langue, comme toutes les langues, les langues de France ont des variations dialectales, et faute d’un appui institutionnel les dialectes prennent le dessus sur la langue et en retour l’égo des personnalités prend le dessus sur une action collective. En 1977 quand les éditions du PCF publient Culture occitane per avançar, le livre qui entrait dans le cadre d’une mutation du PCF invitait, grâce à l’institution PCF, à renouer avec la langue collective, pour enfin participer à la construction collective d’une stratégie globale.
Mais le PCF, dès 1979, a changé de stratégie globale vu les difficultés avec l’union de la gauche, et les personnalités, y compris au PCF, ont pris le dessus sur l’ébauche d’une construction collective que le contenu même du livre pouvait amener.
Cayrou a vécu à Montauban où Perbosc était bibliothécaire et ils devaient se croiser très souvent mais Cayrou est resté totalement incohérent en matière de graphie occitane, quand Perbosc était un créateur et défenseur d’une graphie cohérente. Cayrou portait la langue collective et Perbosc la langue littéraire. Cayrou a fait un discours sur la tombe de Perbosc juste avant la Libération de Montauban en 1944, discours que je ne connais pas mais qui était sans nul doute l’hommage d’une personnalité à une personnalité. Et pendant ce temps l’évolution sociale réduisait l’occitan à une question scolaire.
J-P Damaggio