Berlusconi usant de la fascination pour l’incohérence
De longue date, la fascination pour l’incohérence est un fait de société. Par exemple : comment ne pas se passionner pour les spectacles d’illusions et de magie. Oui, nous savons tous qu’il y a un truc : la femme n’est pas coupée en deux mais le spectacle en reste cependant saisissant. Sauf que la question devient : qu’est ce que l’incohérence ?
La pensée religieuse est faite d’incohérences car comment imaginer des millions d’âmes dans le ciel ; mais la croyance efface cette incohérence.
J’ai envie de penser que l’incohérence est le contraire du rationalisme ou de la science. La science qui a révélé des incohérences de la Bible quand la préhistoire a été datée de 10 000 ans, puis de 20 000 etc.
Ces dernières années l’incohérence a pris le nom d’oxymore et des livres ont été consacrés à la question.
Est-il incohérent de croire que la terre est plate ? La raison ne peut rien contre la croyance.
Bref, Berlusconi est arrivé et a décidé de changer un pays, l’Italie, en un stade (Macron a décidé de changer un pays en une start-nation).
Berlusconi, avec patience, s’est attaché à atteindre un objectif impossible car aucun pays n’est réductible à un stade y compris de football. Pourtant il a réussi et si je préfère me passionner pour l’Italie de Nanni Moretti je suis bien obligé de me pencher sur la réussite du personnage qui a été pionnière dans son domaine.
Interrogé en 1977 il reconnaît alors qu’il aimerait bien devenir député européen (nous étions dans la perspective de la première élection au suffrage universel du parlement européen en 1979) mais sans trop savoir avec quel parti, le PS ou la Démocratie chrétienne.
Je ne pense pas que son pouvoir sur le foot puis sur les médias soit le fondement de son succès. Ce furent des moyens au service d’un but : capter la fascination populaire pour l’incohérence en produisant sa propre incohérence. Elle repose sur le langage de la publicité. la rféclame faisait l'élogue d'un produit. Dans la publicité le produit est secondaire par rapport aux imaginaires mis en oeuvre autour du produit. Peu importe le programme politique quand l'homme politique peut faire rêver ! Or la politique est le contraire du rêve pour un homme du pouvoir. N'oublions pas qu'il lui est arrivé de perdre mais ss défaites furent présentées comme des victoires quand l'adversaire était incapable d'échapper au système dominant. J-P Damaggio