Le dernier film de Nanni Moretti
(le dessin de Moretti est de Rosendo Li en Une de Point Gauche !)
Un film sur l’amour, la politique, le cinéma, la vie. Un film sur Nanni Moretti et toutes ses obsessions. La piscine, les chaussures, le ballon, les enfants (très peu), et bien sûr les chansons. Un film tous les cinq ans et sans nul doute le dernier. Moretti va passer au théâtre avec des textes de Natalia Ginzburg.
Le cinéma d’abord puisque sous le nom de Giovanni Nanni joue son propre rôle. La toute puissance du réalisateur. Pénible parfois. Grâce à une belle scène on se croit en 1956, et subitement Moretti interrompt la scène pour nous ramener en 2022. Contre l’improvisation de Casavettes ? En lien avec la violence chez Scorcese ? Et le film dans le film, celui de Lola de Jacques Démy et celui de la Dolce Vita.
Et la scène avec Netflix. Elle renvoie à une scène dans Palombella Rossa quand la colère de Moretti était plus forte. Il envoya une baffe à la journaliste qui employait un mot anglais dérisoire. Là il se contente d’être ébahi ou presque amusé. Etre vu dans 190 pays ? Dérisoire !
La politique encore puisque le communisme a existé. Et s’il avait été différent. Et si ? Le réalisateur peut tout décider. Nostalgie ? A peine. Humour garanti. Pas d’homosexualité pour que l’ennemi de classe ne s’en serve pas. Et si en effet le tournant de 1956 avait été crucial ?
Les chansons ? Avec le générique j’ai retrouvé Franco Battiato. Il y a aussi une chanson française, je voulais m’en souvenir mais j’ai oublié (j’ai vérifié sur le net). Pourtant elle est à un moment charnière quand Moretti continue de taper dans un ballon. J’ai déjà vu cette scène. Pourquoi cette passion pour les chansons ?
Et là ce n’est pas la chambre du fils mais celle de la fille. Toujours des situations cocasses. Un comique de situation.
Mais l’amour dans tout ça ? Est-ce un film sur l’amour comme l’indique sa femme qui le quitte ? Le tournant c’est à la fin quand Moretti reconnait qu’au début l’amour entre sa fille et le vieux consul de Pologne lui paraissait ridicule alors qu’à la fin, il devient évident ou acceptable c’est selon. L’amour aussi entre le secrétaire de la section du PCI et une militante qui apparaît plus clairvoyante, plus courageuse. Et je reviens à la politique ? Mais l’amour est partout, l’amour du cinéma, l’amour familial, l’amour de la vie.
Un film finalement optimiste grâce au coup de théâtre final ? Mais ce n’est pas un coup de théâtre puisque depuis le début il fallait des éléphants pour la tourner ? Moretti prétend qu’il a construit le film à partir d’une scène finale… qui ne sera pas la scène finale ! J-P Damaggio
Voici la liste des chansons donnée par internet :
SONO SOLO PAROLE - F. Moro / Nada (1974) (Une chanson italienne mélancolique)
CANZONE DELL'AMOR PERDUTO - Fabrizio De André (1966) (Une ballade italienne sur l'amour perdu)
LONTANO LONTANO - Luigi Tenco (1966) (Une chanson italienne sur la distance et la solitude)
VOGLIO VEDERTI DANZARE - Franco Battiato (1982) (Une chanson italienne électronique sur le désir de voir quelqu'un danser)
THINK - The Blues Brothers & Aretha Franklin (1980) (Une chanson soul entraînante)
ET SI TU N'EXISTAIS PAS - Joe Dassin (1975) (Une chanson française romantique sur l'absence de l'être aimé)
DOLLY SUITE OP. 56 per pianoforte a quattro mani - G. Fauré (1897) (Une suite pour piano à quatre mains composée par Gabriel Fauré)
La musique est bien sûr de Piersanti depuis toujours mais pas chaque fois :
1. L'arrivo della luce (2:14)
2. Il Sol dell'avvenire (2:58)
3. I trapezisti (3:41)
4. Il cappio (2:24)
5. Piazza Mazzini (1:53)
6. Variazione per Orchestra del corteo dei Circensi (4:33)
7. L'invasione di Budapest (2:09)
8. Pallido Sole (2:24)
9. Vera (2:16)
10. Arrivano i cornetti (1:24)
11. Circo Budavari (2:54)
12. Il corteo dei Circensi (5:38)
