Voici cinquante ans le 38 rue de Londres (12)
J’ai donné nos notes sur un voyage au Chili en 2012 et elles commencent par la Rue de Londres, là où nous avions notre hôtel. Le hasard nous ayant fait rencontrer des amis qui avaient un planning plus chargé que le nôtre, dès le premier jour ils avaient visité le Musée de la mémoire et après un repas chargé au restaurant nous avons marché jusqu’à notre hôtel et là ils nous font observer qu’une plaque doit exister sur une des maisons de la rue. Nous ne l’avons pas vue et c’est seulement le lendemain qu’en effet sur le sol des inscriptions gravées pour donner les noms des torturés.
J’aurais dû me souvenir du livre de 2002, Le dossier Pinochet, qui consacre un chapitre au 38 Rue de Londres, la maison de tortures de la DINA. Le chapitre le plus terrible sur des comportements humains odieux. Comment est-ce possible ? C’est un peu comme après la victoire de Franco ! la victoire ne suffisait pas, il fallait la plus terrible répression ensuite. Comme si le bombardement de La Moneda n’était pas suffisant pour terrifier le pays !
La torture c’est pour extirper des informations mais au bout d’un moment n’est-ce pas pour certains hommes du sadisme, comme si de vor souffrir des individus leur procurait un plaisir ! Assassiner est une chose, torturer en est une autre.
Ceci étant le livre Le Dossier Pinochet est moins utile que la déclassification des documents de la CIA. Décortiquer l’horreur n’aide pas à comprendre. Il y a bien un chapitre à la fin sur Kissinger qui, faut-il le rappeler, a obtenu le prix Nobel de la Paix en 1975, pour avoir aidé à résoudre le conflit vietnamien ! Il s’agit de raconter une convocation devant les juges français du célèbre personnage. Et le chapitre nous renvoie… aux documents déclassifiés de la CIA.
Mais ceci nous amène tout de même à saisir le lien entre ceux qui organisèrent la torture en Algérie et qui vont se retrouver… en Argentine.
J-P Damaggio
