Une ouvrière dans la grève de Graulhet en 1910
Comme indiqué le rugby est né à Graulhet en 1910 après une grande grève. J’ai voulu en savoir un peu plus sur la dite grève et je suis tombé sur le livre de Monique Fauré, le Journal de Jeanne publié en 2010. Quel ne fut pas ma surprise de constater qu’elle a utilisé le même subterfuge que moi ! Elle a inventé un personnage de fiction tenant le journal d’une grève. Sauf qu’elle a choisi une femme et moi un jeune homme. La raison du choix en est simple : pour mieux faire vivre la grève il faut l’imaginer de l’intérieur, ce qui n’enlève rien aux travaux des historiens quand ils peuvent les conduire.
De plus,le magnifique livre de Monique Fauré a eu le soutien d’Alain Boscus prof au Mirail et il pouvait s’inscrire dans la suite du travail de Rémy Cazals sur la grève de Mazamet. Avec Boscus, Cazals, Rolande Trempé et d’autres le mouvement ouvrier du Tarn a eu droit à de multiples chercheurs dans la foulée des luttes de Jaurès.
A côté le petit Tarn-et-Garonne est un oublié.
Dans le livre de Monique Fauré le dirigeant syndical le plus en pointe est Henri Dret. Mais globalement c’est la même histoire qu’à Castelsarrasin. La place du préfet, des députés, de l’armée, de la solidarité. La place des femmes plus mises en valeur à Graulhet qu’à Castelsarrasin mais moi aussi j’ai fait référence à la poétesse au nom inconnu qui a fait la chanson de la gère. Avec Monique Fauré l’occitan est beaucoup plus présent.
Et enfin, ultime différence : Monique Fauré a publié un livre et même s’il n’y a pas de référence d’éditeur j’ai pu l’acheter dernièrement, car il est encore en circulation. Tandis que moi j’ai publié un hors-série d’un journal qui est donc introuvable à présent même s’il est d’accès libre sur le net. Il m’est arrivé de transformer le premier hors-série en livre et ce fut un beau succès (mais rare). Peut-être vais-je faire de même pour les 110 ans de la grève de Castelsarrasin d’autant qu’après mon étude Bernard Ouardes a pu publier un très beau livre d’historien sur le sujet grâce à l’apparition de sources aux archives départementales, dont j’avais pointé l’absence ! De plus, depuis, j’ai beaucoup appris concernant l’histoire de Castelsarrasin et d’autres sources sont disponibles comme le Midi socialiste. J-P Damaggio
