De retour de la Vénétie profonde (1)
Une semaine en Vénétie sans Venise, Vérone ou Padoue ! Que reste-t-il ?
Logistique, féminicide, inflation, immigration, réduction des dépenses de santé, voiture électrique… oui nous sommes en Italie. Je ne nie pas ainsi les particularités et originalités de ce grand pays mais le fait est là : partout les fondamentaux sont les mêmes. Macron ou Meloni sont là au second plan. Ce n’est pas nouveau mais tout de même avec des dirigeants aussi différents, aussi opposées, pas le moindre « choc de civilisation ». Je ne nie pas ainsi les particularités et originalités de chacune des politiques mais le fait est là : leur marge de manœuvre est infime.
Avec une coïncidence : les deux veulent changer leur constitution. Macron pour rendre la notre plus italienne. Meloni pour rendre la sienne plus française !
Des similitudes à cause des lois européennes ?
Prenons le phénomène des féminicides, ce type de meurtre qui n’a un nom que depuis peu (mon correcteur d’orthographe ne le connaît pas !). Ce nom est le même en Espagne, Italie, France. Autrefois le phénomène existait-il sans apparaître ? Je ne sais mais dans tous les cas le phénomène est plus l’effet d’une maladie sociale que d’une volonté politique. Bien sûr la volonté politique pour protéger les femmes est sans doute insuffisante mais il s’agit du traitement des conséquences, non d’un affichage des causes.
J’aime l’image du vélo électrique. Son inventeur ne produit pas une nouveauté locale mais aussitôt européenne (voire plus) ! Ce n’est pas là un effet d’une loi européenne quelconque mais le fait d’un besoin humain européen. Cependant la logistique (et donc la présence massive des camions) n’est pas le résultat d’une volonté humaine mais d’une machinerie capitaliste.
La similitude des phénomènes ne serait-il pas le produit de la machine publicitaire plus forte que toutes les politiques?
Sur le paquet de sucre proposé au bistrot pour l’inévitable café nous lisons : « c’est meilleur sans sucre » ! La publicité est si forte qu’elle peut même faire de l’anti publicité !
On s’insurge contre les réseaux sociaux mais ils ne sont pas le problème quand la question majeure est le rôle qu’y joue la publicité !
Pourquoi, à travers l’Europe n’y aurait-il pas un vaste appel pour réduire la pub ? Quel parti politique pourrait se donner cet objectif ? A quoi bon des augmentations de salaire si c’est pour mieux succomber à la pub ?
Je fais de telles observations à cause de la télé. En 1975, j’ai découvert aux USA les films coupés par la publicité. Quand le phénomène a-t-il gagné la France, l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne ? Je ne parle pas de la Grande Bretagne car en élève soigneux des USA ils doivent être en avance même s’il n’y a pas aux USA l’équivalent de la BBC.
Prenons le cas de la voiture électrique où l’Europe veut jouer un rôle majeur en prônant la fin de la production du thermique en 2035 au bénéfice du tout électrique. L’Italie est contre et Salvini dénonce fortement l’Allemagne sauf que l’Allemagne a fait volte-face. L’Italie est sous pression de la Fiat et l’Allemagne sous celle de Volkswagen. Ils défendent l’hypothèse d’une utilisation de l’hydrogène et, comme en France, s’insurgent contre le cadeau industriel fait à la Chine.
D’où l’idée de la politique française d’un bonus valable seulement pour les voitures produites en France. L’Italie veut faire de même sauf qu’une seule voiture électrique y est produite : la 500 de la Fiat. La Fiat 600e, qui vient d’être lancée, est assemblée en Pologne. La voiture électrique sans permis Fiat Topolino est produite au Maroc. En dehors de Fiat, il faudra attendre encore quelques mois pour que Lancia lance sa voiture électrique et il en va de même pour Alfa Roméo
Alors que l’Europe est en moyenne à 13,9 % de part de marché pour les voitures électriques neuves pour les 8 premiers mois de l’année, l’Italie affiche un modeste 3,9 % sur la même période. Attention, il s’agit de la part des voitures neuves achetées, non de la part de l’électrique dans les voitures totales qui ne dépasse pas 1% (ou si peu). En 2035 avec les voitures d’occasion même en France il n’est pas prévu que la place de l’électrique dépasse 50%.
Bref l’Italie connaît un vrai débat sur l’électrique. En France, on a eu la phase «chauffage tout électrique», et on en est à la voiture tout électrique. La présence du nucléaire n’est pas sans lien avec la question.
Bref, il est facile de constater que socialement, politiquement, économiquement, les fondamentaux sont bien les mêmes partout en Europe mais il reste des particularités locales qui induisent une évolution variée de leur usage. J-P Damaggio