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Vie de La Brochure
4 novembre 2023

Montauban Epopée, Castan (suite)

Epopée castan

Cette fois je donne le préambule de la petite brochure que j’ai déjà présentée. JPD

 PREAMBULE

Actualité rétrospective. Ces 4 poèmes ont été écrits dans la ville de Montauban entre 1942 et 1947. Les auteurs les ont gardés plus de trente ans par devers eux. Trois sont morts. Un seul survivant aujourd'hui... Il s'empresse d'accomplir un devoir désormais urgent.

Devoir envers ses trois disparus fraternels... Devoir envers la ville ou le travail s'est accompli, ou le travail se poursuit sous d'autres formes: racines - festival d'Occitanie sans rivages.

Devoir enfin envers la Littérature et peut-être le Temps Présent, auquel sont dédiées ces résurgences.

Quelle évidence s'est donc trouvée de passage en ce point du territoire et a cette date ? Comment se fait-il quelle ait été saisie ou créée non d'un même geste, mais par 4 gestes dissemblables et s'ignorant mutuellement ? Preuve qu'une cause objective était là.

Seul point fixe, l’œuvre d'un peintre, de 40 ans leur aîné, son regard répandant sur ce terroir une lumière dont on ne savait si elle était de soleil, d'étoiles ou de lune : Lucien Andrieu. Rien de ce qui est visible ne fut a Andrieu étranger, ni rien de ce qui. de ses lois, soutient le visible.

Voici, par celle qu'il avait admise pour disciple, le portrait du démiurge, esquissé de mémoire en 1945 dans le même moment épique (moment signifié par deux grands méditerranéens. Vilar et Béjart par le poète occitan Max Allier ou par le cartonnier toulousain St-Saens).

Si l'on s'interroge sur les antécédents, il faut remonter au Montalbanais Cladel ( I 835-1892). a sa prose remueuse de montagnes et de beffrois, cosmique et sociale, et dont les forces se sont transmises, a travers ces deux frères siamois Bourdelle (1861-1929)/Perbosc (1861-1944). jusqu'à Andrieu (1875-1955).

En tête, une lettre de Joe Bousquet : toute une simple histoire ! Au sortir de la guerre, un printemps rayonnait sur les villes, à 700 et 800 km de Paris comme à Paris même. Les sèves se mettaient en mouvement, l'heure d'une universelle fertilité. Certains s'empressaient de « rejoindre ». de se placer aux meilleurs postes. là-haut, dans la grande réserve de la capitale ressuscitée, mais d'autres se préparaient a inventer de nouveaux jeux, d'imprévues stratégies, d'insolites paysages sans enclos, sans hiérarchies, sans quadrillages, sans priorités, ni préséances. Chacun droit sur son champ comme un arbre. Ce fut une brève saison de ciel profond et vert. Plus de compétitions, de tableaux de chasse, de prix, de best-sellers, d'écoles, de maîtres, de mondanités : l'écriture avait changé de camp... Du côté des lièvres et des perdreaux, des animaux bocagers et montagnards, des espèces non-domesticables.

Fraîcheur première, parole dans l'aube de l'univers, forces nues.

Illusion, indélébile dans nos cerveaux !

Un pli. une faille et comme une erreur de l'histoire.

L'idée d'un hommage à Joe Bouquet fit son chemin parmi les jeunes poètes occitans et français du pays qu'il dominait de son intelligence. Averti, il accorda un aval plein de grâce... Cette connivence qui devait prendre accent de manifeste, ne se matérialisa pas. Voici les traces qui en restent.

Jean Marcenac. devant le même projet, complémentairement, rappela que les poètes ont pour métier « de donner du monde ce que les physiciens appellent l'image optima ».

Première salve. Georges Herment... Autour de lui s'était formé dans les années 30 un essaim de jeunes gens inséparables, qui promenaient à travers la ville et dans les guinguettes du bord des rivières, leurs songes, leurs poèmes, leurs farces et colères, leurs orchestres, leurs amours, leur turbulence. Jean Malrieu fut de la bande, il y apprit la poésie. Hugues Panassié qui décrivait le jazz en termes d'épopée, quitta son Rouergue natal pour les rejoindre en I 940. Désormais inamovible.

La guerre dispersa ces oiseaux de haies.

D’autres liens se tissèrent, moins fragiles. Incarnés dans la société en mutation. Herment devint facteur a Penne-de-Tarn. Malrieu instituteur a Marseille. Pierre Albouy directeur d'tJ.E.R. a la Sorbonne et commentateur de Hugo.

Assez bavardé de ce passé hors mesure...

Maintenant, toi Lecteur, marche dans ces pages.

4. L'auteur occitan, que je suis devenu, regarde sa jeunesse derrière la vitre d'une autre langue (comme André Serres, à la recherche de sa ville natale, a regardé Cladel a travers le spectre du paysage).

5. ... A ce préambule vieux d'un an à peine, on doit ajouter un nouveau chapitre. C'est bien nouveau qu'il faut dire, puisqu'il signifie une autre absence, une autre absente : Marcelle (fille de Mars) que mars donna et a reprise. Dans sa fonction de miroir silencieux, tout à la fois actrice et témoin, elle occupa la position centrale et la racine unitaire de l'événement, dont ces textes montrent les faces, les versants. Conscience d'une ville, de ses citoyens égaux dans l'entreprise. Elle a dit les écrivains : 1 écrivain restant voudrait dire le peintre ! Sa capacité de changer technique et outil selon le modèle.

L'énergie qui commande, insistante et lucide.

Ce qui est dessiné par-delà les figures : la ligne de départ d'une course sans compétition, une course aux évidences, dont l'arrivée sonne aujourd'hui... Temps des bilans.

Félix-Marcel CASTAN (1)

3-VIII-78

 P. S. : Cette même génération montalbanaise adulte vers l'an 40 a connu d'autres ouvriers de l'écriture: Marie-Thérèse Brousse. Odette Penot. Henri Dufor. Robert Ligou. Oustrières. Un peintre cinéaste Robert Lapoujade. le photographe Albert Ferlin. les peintres Paulette Ferlin, Raymond Clair (petit-neveu de Perbosc) dont l'œuvre a avec lui complètement disparu. Jacques Pallaruelo. Jean Savi Léojac. les musiciens Mario et Jimmy Rena, fidèles de Hugues Pannassié. le peintre marionnettiste Jacques Gunaud. le comédien et metteur en scène Claude Régy et aussi Jeanne Castan fondatrice du Festival d'Occitanie (nommons en marge, très liés à leurs origines et à leur cité, l'historienne de l’art France Féral. l'historien Daniel Ligou. le géologue Albert Cavaillé. le préhistorien Robert Guicharnaud). Il n'est pas exclu que chez l'un ou l'autre on puisse lire sous la diversité, des linéaments d'épopée, chez le journaliste politique Oustrières surtout, sa prose combattante... - et parlerai-je de mon camarade, le philosophe Loubradou de Moissac mort en déportation, correspondant du physicien Louis de Broglie, dont l'œuvre étrange reste inédite (ou de l'instituteur-mathématicien Desquines. mon collègue de Nègrepelisse, collaborateur du même Louis de Broglie) ?

1 Note JPD C'est la première signature Félix-Marcel en hommage à l'épouse décédée, Marcelle.

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