Pourquoi Olympe de Gouges a été guillotinée ?
Cet extrait du journal jacobin permet de comprendre pourquoi Olympe de Gouges a été guillotinée. Il s'est agi surtout pour le procureur (j'y reviendrai) de faire un exemple afin que les femmes restent à la place qui convient à leur sexe. JPD
La Feuille de Salut public, journal jacobin, novembre 1793
« Aux républicaines !
En peu de temps, le tribunal révolutionnaire vient de donner aux femmes un grand exemple qui ne sera sans doute pas perdu pour elles ; car la justice, toujours impartiale, place sans cesse la leçon à côté de la sévérité.
Marie-Antoinette, élevée dans une cour perfide et ambitieuse, apporta en France les vices de sa famille ; elle sacrifia son époux, ses enfans et le pays qui l'avait adoptée aux vues ambitieuses de la maison d'Autriche, dont elle servait les projets, en disposant du sang, de l'argent du peuple et des secrets du gouvernement. Elle fut mauvaise mère, épouse débauchée, et elle est morte chargée des imprécations de ceux dont elle avait voulu consommer la ruine. Son nom sera à jamais en horreur à la postérité.
Olympe de Gouges, née avec une imagination exaltée, prit son délire pour une inspiration de la nature. Elle commença par déraisonner, et finit par adopter le projet des perfides qui voulaient diviser la France ; elle voulut être homme d'état, et il semble que la loi ait puni cette conspiratrice d'avoir oublié les vertus qui conviennent à son sexe.
La femme Roland, bel esprit à grands projets, philosophe à petits billets, reine d'un moment, entourée d'écrivains mercenaires, à qui elle donnait des soupers, distribuait des faveurs, des places et de l'argent, fut un monstre sous tous les rapports. Sa contenance dédaigneuse envers le peuple et les juges choisis par lui, l'opiniâtreté orgueilleuse de ses réponses, sa gaité ironique, et cette fermeté, dont elle faisait parade dans son trajet du palais de justice à la place de la Révolution, prouvent qu'aucun souvenir douloureux ne l’occupait. Cependant, elle était mère ; mais elle avait sacrifié la nature, en voulant s'élever au-dessus d'elle. Le désir d'être savante la conduisit à l'oubli des vertus de son sexe, et cet oubli, toujours dangereux, finit par la faire périr sur un échafaud.
«Femmes ! voulez-vous être républicaines ? Aimez, suivez et enseignez les lois qui rappellent vos époux et vos enfans à l'exercice de leurs droits ; soyez glorieuses des actions éclatantes qu'ils pourront compter en faveur de la patrie , parce qu'elles témoignent en votre faveur ; soyez simples dans votre mise, laborieuses dans votre ménage ; ne suivez jamais les Assemblées populaires avec le désir d'y parler ; mais que votre présence y encourage quelquefois vos enfans.
Alors la patrie vous bénira, parce que vous aurez réellement fait pour elle ce qu'elle a droit d'attendre de vous. »