La déclaration des droits de l’homme version Olympe de Gouges
Oympe de Gouges a publié une déclaration des droits de la femme et de la citoyenne qui a fait le tour du monde. Pour moi ce n’est pas son meilleur texte et pour le faire comprendre je donne les 17 articles comparés entre les deux déclarations. Le premier est la déclaration officielle et le deuxième la réponse d’Olympe. Je ne prends ici que le premier article :
« Article 1er Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.
Article 1 La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. »
Olympe sous-entend que le mot «homme» ne concerne que le genre masculin. Est-ce à dire qu’il n’existe pas de droits universels ?
Les différentialistes d’abord venus des USA se servent de cette déclaration pour, au nom de la différence sexuelle, plaider contre tout universalisme.
Il existe des différences évidentes entre les hommes et les femmes et elles vont apparaître en trois occasions dans le texte d’Olympe mais ces différences ne divisent pas l’humanité mais l’unissent puisqu’elles permettent la vie ! Du fait de cette union l’universel existe profondément et c’est en son nom que la femme mérite autant de droits que l’homme !
Voyons les trois différences :
- la tyrannie perpétuelle que l’homme lui oppose (à la femme). Le fait est incontestable : à la guerre des classes s’est toujours ajouté la guerre des sexes où l’un est supérieur à l’autre (pire l’un se veut le propriétaire de l’autre).
- La situation des enfants bâtards : seules femmes accouchent et elles doivent pouvoir dire qui est le père quand celui-ci refuse toute reconnaissance.
- la femme a le droit de monter sur l’échafaud, elle doit également avoir celui de monter à la tribune, pourvu que ses manifestations ne troublent pas l’ordre public établi par la loi. Voilà une phrase cent fois reprise pour dire les droits politiques des femmes, droits qu’Olympe inscrit dans la loi… universelle.
Bref, la position d’Olympe s’inscrit dans la philosophie même du texte officiel dont elle souhaite qu’elle s’applique plus explicitement aux femmes. Or, faire en sorte que les femmes en soient partie prenante devrait changer la dite philosophie. Mais je laisse le lecteur consulter le texte comparatif. Il est vrai, il existe aussi une préface (et une postface pour Olympe) qui pourrait compléter la comparaison. J-P Damaggio