Les indépendances des Amériques
Il est convenu que les Colons des futures USA qui se lancèrent dans la lutte pour leur indépendance firent une révolution avant celle de France.
On aura ensuite le même phénomène en Amérique latine mais là l’inspiration majeure fut la révolution française. L’habitant de Bogota, Antonio Nariño, traduisit dès 1793 la fameuse déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789.
Sauf qu’en Colombie comme aux USA ce sont des Colons qui prendront le pouvoir pour se libérer de la métropole et qui instituèrent globalement un pouvoir identique à celui de la métropole, même s’il n’était pas question de reproduite les monarchies anglaises et espagnole. Pour eux la République était inévitable. En France, la République a fini par s’imposer en 1792… mais pour un temps seulement.
Au Mexique par exemple, après l’obtention de l’indépendance en 1810 il faudra attendre 1859 pour que le mariage et l’état civil échappent à l’Eglise.
Les guerres d’indépendance sont constitutives de luttes nationales. La révolution française fut une révolution de la nation elle-même. En 1789 le roi était le roi de France, en 1791 il devient le roi des français avant de n’être plus que le roi de rien du tout.
Ceci étant même si la Révolution française fut une référence dès 1793 pour les colons d’Amérique latine, le modèle des USA n’a jamais été loin.
En Afrique c’est le mot plus juste d’indépendance qui a été brandi quand les pays ont pu se libérer de la colonisation. L’indépendance est la condition première pour qu’ensuite un pays se révolutionne. Frantz Fanon distinguera très clairement la situation des paysans d’un pays colonisé et ceux d’un pays indépendant et donc la nature de leurs révoltes.
Il y a le cas de la révolution anglaise de 1642 à 1651 que les Anglais préfèrent appeler Guerre civile et qui a tant marqué la révolution française. Après l’exécution de Charles 1er (1649) il y a eu une République éphémère avant l’installation de la monarchie constitutionnelle.
Bref, dire révolution c’est parfois un mot qui peut en cacher un autre. J-P Damaggio