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Vie de La Brochure
13 janvier 2024

Au Mexique les Narcos et la chanson

peso pluma

Au moment où toutes les télévisions se braquent sur le cas de l’Equateur face aux Narcos, France Inter s’inquiète d’un phénomène ancien qu’il m’arriva de mentionner. Avec Marie France nous sommes allés deux fois en Equateur, un pays magnifique où nous avions des amis et où il y a dix ans le danger du crime organisé était minime. En peu de temps un pays peut basculer. Pour comprendre il faut aller au-delà des effets les plus terrifiants : comment, dans la société, les Narcos gagnent en popularité ? Et le succès des « corridos » au Mexique en est un élément crucial. Le Crime organisé devient la face moderne de la révolution ! Là est tout l’enjeu. Mais quelle révolution ? Celle de l’argent facile et de la vie fragile. Vaut-il mieux vivre intensément jusqu’à 30 ans, ou souffrir au travail ou au chômage pendant 60 ans ? Le modèle sicilien qui a fait de la mafia un phénomène social est plein d’avenir quand on se souvient que le Mexique est un vecteur révolutionnaire. La seule leçon précieuse : il n'y aura de vraie révolution possible qu'en s'appuyant sur le passé autant que sur le futur.

Et avec l'article de France Inter, je donne un article édifiant sur Peso Pluma qui reprend un lieu commun : "des ballades sur fond de musique traditionnelle mariachi qui racontent le quotidien violent du monde de la drogue". Un quotidien violent dont l'auteur de l'article néglige sans doute les milliers de morts. Un quotidien violent qui dans les chansons n'est pas seulement raconté, mais légitimé voire célébré et le costume du chanteur sur la photo n'est pas anecdotique. Et qui a le succès que, nous tristes français ne connaissons même pas !  JPD

 Deux articles anciens sur le sujet Gloria Trevi, AMLO K.O.

 Le site de France Inter nous informe du croisement du hip hop et de la musique traditionnelle, une nouvelle vague de chanteurs mexicains qui défraie la chronique avec sa fascination pour l’univers des narco-trafiquants.

Voilà un nouveau sujet qui fâche dans ce pays où la guerre contre la drogue a déjà fait plus de 150 000 morts. Ils s’appellent Peso Pluma, Natanael Cano, Banda MS ou Grupo Firme : ce sont les nouveaux visages de la scène musicale mexicaine, et la violence de leur propos est à l’image de ce pays miné par le trafic de drogue et la criminalité. Baptisée « corridos tumbados », leur musique – mélange de hip hop/Rn’B et de sonorités typiquement mexicaines (trompettes, contrebasses, guitares acoustiques) – est en train de devenir un phénomène global, des États-Unis à l’Amérique latine.

L’exotisme de cette musique a de quoi séduire, mais au Mexique c’est le message véhiculé qui fait débat. Il faut voir sur scène le chanteur Peso Pluma (‘Poids plume’ en français) apparaître en tenue de tueur à gages, cagoule noire sur la tête tel un guerrillero. Face au public en délire, le jeune rappeur originaire de Gualalajara clame son respect pour «El Chapo», le plus célèbre des barons de la drogue mexicains, incarcéré aux Etats-Unis. Et dans ses clips, comme celui de PRC (en duo avec Natanael Cano), il joue sans vergogne les narcos en plein business.

Le phénomène n’est pas nouveau, puisqu’il existe au Mexique une longue tradition de chansons de narco-trafiquants. On les appelle narco-corridos : des ballades sur fond de musique traditionnelle mariachi qui racontent le quotidien violent du monde de la drogue. Ces chansons semi-illégales ont connu un immense succès ces vingt dernières années. Certaines sont devenues des tubes, comme celle-ci, avec son clip qui met en scène d’authentiques criminels d’un groupe mafieux.

À entendre ses défenseurs, la nouvelle génération ne ferait que moderniser un genre déjà florissant, en le transplantant dans l’univers urbain du hip hop, naturellement friand de drogues et de violence armée. Peso Pluma et ses congénères se défendent d’ailleurs en disant qu’ils ne font que documenter la réalité qui les entoure. Difficile de leur donner tort dans ce pays où la guerre contre la drogue a déjà fait plus de 150 000 morts. Mais ce qui inquiète les autorités, c’est l’ampleur du succès de cette musique, notamment auprès d’un très jeune public. D’où la volonté dans plusieurs états mexicains d’interdire les corridos tumbados. Ces derniers mois, certains artistes comme Grupo Firme ont été contraints d’annuler des concerts prévus dans des villes telles que Tijuana ou Cancun, où les autorités locales ont décidé d’agir au nom de la « défense de la santé mentale des enfants ».

Un succès viral, impossible à canaliser

Dans le passé, le Mexique a déjà tenté à plusieurs reprises de légiférer contre les musiques glorifiant le trafic de drogue, mais cela n’a jamais vraiment fonctionné. Tentative d’autant plus illusoire aujourd’hui, avec la diffusion virale de la musique via les réseaux sociaux, sur un marché musical de plus en plus globalisé.

Le président mexicain lui-même, Andres Manuel Lopez Obrador s’est exprimé dernièrement sur le sujet. Il se défend de vouloir censurer la musique des jeunes, mais rappelle que la lutte contre le narcotrafic est une priorité nationale. Pour toucher la jeunesse, le gouvernement mexicain a donc choisi d’utiliser les mêmes outils, avec cette chanson postée sur les réseaux, et qui entend mettre en garde contre les dangers du fentanyl, cette drogue chimique devenue un véritable fléau.

D’après France Inter

 

Qui est Peso Pluma, l’artiste numéro 1 de YouTube que vous n’avez probablement jamais entendu de votre vie Publié le 26/12/2023 Par Flavio Sillitti

Avec ses 8,5 milliards de vues, l’artiste mexicain décroche le titre d’artiste le plus streamé sur la plateforme. Mais qui c’est, Peso Pluma ?

Sur YouTube, il est plus fort que Drake, Taylor Swift, Bad Bunny et YoungBoy Never Broke Again, et pourtant, il y a fort à parier que vous n’avez jamais entendu parler de lui. C’est normal : en France, on est toujours en retard en matière de phénomènes musicaux internationaux – la preuve avec Rosalía et Bad Bunny, que les oreilles frileuses de notre côté du monde ont pris trop de temps à adopter, bien après leurs booms internationaux respectifs.

Peso Pluma, nouvelle sensation mexicaine qui bat les records partout dans le monde (sauf chez nous), cinquième artiste le plus écouté en 2023 sur Spotify et qui s’offre cette semaine le prestigieux titre d’artiste le plus streamé de l’année sur YouTube, prouve qu’il est temps qu’on hispanise plus spontanément nos tympans, au risque de passer à côté de très gros, très fort – en témoigne le tube “Ella Baila Sola”, sorti en avril dernier, élu son de l’été par Spotify.

Le nouveau prince du corrido

À seulement 24 ans, Hassan Emilio Kabande Laija de son vrai nom est un artiste mexicain-libanais originaire de Guadalajara, au Mexique, et trône déjà sur le monde de la musique après trois années de carrière. Si ses deux premiers albums sont passés plutôt inaperçus, c’est en misant sur des singles efficaces en 2022 que le jeune artiste a su conquérir le cœur des communautés latinos, générant rapidement des chiffres colossaux.

C’est notamment son morceau “El Belicon” qui le propulse, initiant le genre musical qui va marquer la suite de sa discographie, à savoir un délicieux mélange entre les narco-corridos mexicains (aussi appelés “drug ballads”, chansons narratives traditionnelles articulées autour de récits de cartels de la drogue) et des influences urbaines, trap et hip-hop.

Enfant, il rêve de devenir une star du football, mais il commence en parallèle à jouer de la guitare à l’âge de 15 ans en regardant des vidéos sur YouTube. Passionné de hip-hop et de reggaeton, Hassan veut devenir rappeur, mais sa voix rauque et nasillarde l’en dissuade et le dirige vers ces nouvelles communautés d’enfants de la Gen Z renouant avec la musique traditionnelle mexicaine.

Avec les années, sa voix est en quelque sorte devenue sa marque de fabrique, malgré les critiques. “Les gens se moquent toujours de ma voix, mais au final, c’est ce qu’ils finissent par aimer. C’est une voix que les gens n’ont pas l’habitude d’entendre”, partage Peso Pluma dans une interview pour le média Al Rojo Vivo. Pas du genre à se laisser miner par ses détracteur·rice·s, l’artiste s’est même inspiré des moqueries liées à son physique chétif et filiforme pour constituer son nom de scène (“peso pluma” signifie “poids plume”).

Le phénomène “Ella Baila Sola”

Alors qu’il commence à se faire un nom partout dans les charts et les feeds TikTok des régions hispanophones du monde entier, c’est en mars 2023, avec le morceau “Ella Baila Sola” en featuring avec le groupe californien Eslabon Armado, que Peso Pluma marque l’Histoire. Un mois après sa sortie, le titre devient la première chanson régionale mexicaine à intégrer le top 10 du Billboard Hot 100, classement international à l’influence notable. Fin 2023, Spotify révèle que la chanson se classe cinquième au classement des titres les plus streamés de l’année.

C’est notamment grâce à ce morceau que Peso Pluma accède au succès monstre qu’il connaît aujourd’hui et qui l’a mené à devenir l’artiste le plus streamé de l’année sur YouTube, avec 8,5 milliards de vues au total, notamment au vu des nombreux clips qui accompagnent son troisième album Génesis sorti en juin dernier ou le clip de sa récente collaboration avec la reine Anitta.

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