Slimane Azem : sa grand-mère l’appelait l’oiseau
Bruno Azem ne manque pas d’anecdotes pour faire comprendre le cas de son oncle Slimane Azem. Il indique donc que sa grand-mère maternelle l’appelait l’oiseau (elle est morte quand il avait 14 ans) car gamin il courrait sans cesse dans la montagne.
Les amis du chanteur rassemblés une fois de plus à Moissac ont pu vérifier l’érudition acquise par Bruno pour faire vivre son oncle avec qui il a labouré ses champs sur les coteaux, qu’il a croisé au Quartier latin etc.
Il faut voir le facebook de bruno.
Ou la page Les amis de Slimane Azem.
Il y partage des documents uniques et il a pu démontrer sa capacité à réciter des textes en entier, en kabyle, ce qui lui a valu quelques applaudissements.
Oui Slimane a été interdit en Algérie à partir de 1967… ce qui ne pouvait que lui apporter une notoriété, pour la vente de cassettes sous le manteau.
Un tel moment redonne envie de relire des textes si soignés, si poétiques de ce chanteur qui mérite l’hommage qui lui est rendu. Ainsi par l’action d’un défenseur il a sa plaque de rue à Paris. A suivre. JPD
L'annonce par La Dépêche de l'hommage : Publié le 25/01/2024 à 05:14
Correspondant
La mémoire du grand chanteur et poète kabyle Slimane Azem est à jamais liée à la ville de Moissac où il vécut les deux dernières décennies de sa vie, exploitant une petite ferme sur les hauteurs de la côte Saint-Laurent tout en continuant à écrire et se produire sur scène. Il est décédé le 28 janvier 1983, dans la cité uvale, où il repose au cimetière municipal. Sa vie aura été un véritable témoignage de ce vingtième siècle qui aura connu les affres des grandes guerres et la réorganisation chaotique du monde postcolonial. Arrivé en France en 1937 des montagnes de sa Kabylie natale, il travaillera dans la sidérurgie dans l’est de la France, avant de rejoindre la capitale, où débutera sa carrière d’auteur-compositeur-interprète. Il rejoindra son frère quelques années plus tard en Tarn-et-Garonne du côté de Montaigu-de-Quercy avant de s’installer définitivement à Moissac. La grande fêlure aura été son impossibilité de revenir fouler sa terre d’enfance, étant devenu persona non grata auprès des autorités de la nouvelle Algérie indépendante. Il faut dire qu’il était devenu, à travers ses textes parfois engagés, une icône de la résistance kabyle face aux autorités. La ville de Moissac a baptisé à son nom un jardin au cœur du périmètre abbatial en 2008, reconnaissant de facto "Da" Slimane parmi les grandes figures moissagaises. Depuis 2015, sous l’impulsion de son neveu Bruno Azem, l’association Les Amis de Slimane Azem perpétue, à Moissac, chaque année, le dernier samedi de janvier, la mémoire du grand homme. Une journée de recueillement, d’hommages, de discussions et de fête qui fait de Moissac une petite capitale kabyle pour une journée. Ce samedi 27 janvier, rendez-vous est pris dès 11 heures pour se recueillir devant la tombe de Slimane Azem au cimetière, puis à 12 h 30, au jardin, pour les hommages, puis à partir de 14 h 30, au centre culturel Jacques-Delors (ancienne église du quartier Saint-Benoît sur la rive gauche du Tarn), pour une grande exposition, des conférences, des échanges et des débats sur le grand homme. La journée se terminera à 22 h 30 dans une ambiance festive.
