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Vie de La Brochure
28 janvier 2024

Le barrage de l'A 64 et Jérôme Bayle

Ils ont levé le barrage qui a mis le feu aux poudres. Auparavant les syndicats avaient fait de nombreuses manifestations sans résultat, et quelques paysans ont décidé de changer la méthode en dehors de dits syndicats. Pas de fumier devant la préfecture mais une autoroute bouclée et occupée. Et ils ont obtenu le maintien de la détaxation. Et là je repense aux Gilets jaunes qui ont obtenu le retrait de la taxe et quelques aides. La lutte a continué mais sans rien en plus. Fallait-il obtenir plus ? La Dépêche fait le bilan des neuf jours d'occupation. La méthode fait penser aux Gilets jaunes avec des personnes installées, non sur le rond point, mais au milieu de l'autoroute. Avec 300 à 400 repas servis le soir. Et quand ils lèvent le camp ils laissent tout propre. Ceux là même qui sont entrés en lutte avec retard et avec des méthodes classiques crient à la trahison or rien ne les empêc he de continuer. Et aussitôt cette "trahison" engendre des doutes. Et si Jérôme Bayle avait été acheté ? Un petit papier remis à un ministre par le paysan, et capté par une caméra, a engendré aussitôt les rumeurs les plus diverses. Et s'il s'agissait d'un RIB pour toucher sa prime ? Il a répondu qu'il s'agissait d'un numéro de téléphone d'une collègue en difficulté. Il a ajouté qu'un poste lui a été proposé et qu'il a refusé. Comme pour les Gilets jaune, la lutte croise l'élection européenne qui avait mis la zizanie entre les invités des plateaux. A suivre. JPD .

 

La Dépêche Publié le 27/01/2024 à 13:02 , mis à jour à 16:53

Jean-Luc Martinez

Ce samedi 27 janvier, les agriculteurs ont levé le barrage de l'A64, à hauteur de Carbonne, où a débuté la colère paysanne, il y a neuf jours. Depuis 15h25, la circulation a repris dans les deux sens.

 Comme ils s'y étaient engagés la veille devant le Premier ministre, venu à leur rencontre sur le barrage de Carbonne, au sud de Toulouse, les agriculteurs ont quitté l'A64 qu'ils occupaient depuis neuf jours, samedi 27 janvier. Un départ précédé, dès le petit matin, d'un long ballet de tractopelles pour débarrasser les lieux des bottes de paille, des palettes en bois et des friteuses industrielles, utiles à la vie du camp.

 "On servait 150 repas le midi et entre 300 et 400 le soir", indique David qui a passé des heures derrière des fourneaux de fortune. Plus loin, Valentine range des caisses dans un fourgon. "On est contents de rentrer car c'était fatigant de dormir dans les voitures pour certains, dans les tracteurs pour d'autres et même sur de la paille parfois", raconte la jeune agricultrice de Salles-sur-Garonne. "On part car on a été entendus. Maintenant, on va rester vigilants en attendant les actions".

Un début de victoire

Au milieu d'une foule de journalistes, chacun prend le temps de répondre aux questions tout en s'affairant sur sa tâche. Venus du Volvestre, du Comminges et du département de l'Ariège voisin, les agriculteurs sont convaincus d'avoir obtenu un début de victoire même si d'autres, ailleurs, estiment que ce n'est pas suffisant et appellent à continuer la lutte.

 "Ce matin, certains nous critiquent mais on a obtenu les trois mesures demandées donc on libère les lieux", explique leader du mouvement paysan qui a débuté à Carbonne le jeudi 18 janvier avant s'étendre dans toute la France. "Si on attend d'avoir les 104 revendications des syndicats, on peut mettre la clé sous la porte. Tout ce qu'on a fait ici, on l'a pris sur notre temps".

 Maraîcher à Lavernose-Lacasse, Thibaut a pris part au mouvement car il était "apolitique" et "sans la présence des syndicats" dans un élan de solidarité paysanne. "On est restés ici 10 jours alors que ça fait trente ans que les syndicats ne font rien", déplore le jeune homme. "Et là, c'est trente ans de crise agricole qui explose".

Les pantins qui symbolisaient les agriculteurs qui se sont suicidés ces derniers temps ont été décrochés du pont de l'échangeur 27 de l'A64, témoin de la résistance paysanne.

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