Cladel et Marcel-Lenoir dans la même revue
Marcel-Lenoir était un peintre né à Montauban en 1870 et mort à Montricoux en 1931. Il est arrivé à Paris en 1889 donc il a pu croiser Léon Cladel qui meurt à Sèvres en 1892. Il m’a été demandé s’il pouvait y avoir un lien entre les deux hommes. Ce qui est sûr c’est qu’ils avaient le même visage de christ sévère. Pour le reste je ne sais pas. J’ai simplement découvert que sur la revue L’art et les artistes, les enfants Cladel et Marcel-Lenoir avaient une petite place, parfois dans le même numéro ! Voici les extraits de la rebue. JPD
L'Art et les artistes. 1931/03-1931/07.
MANIFESTATIOND'ATELIER DE MARCEL LENOIR, 86, rue Notre-Dame-des-Champs.
Pendant tout le mois dernier, comme chaque année, Marcel-Lenoir a exposé dans son atelier des dessins, gouaches, aquarelles, études, esquisses... Très certainement ce fut une des manifestations d'art la plus prodigieusement intéressante, la plus riche en beauté et en enseignement. Marcel-Lenoir a présenté lui-même son exposition en une savoureuse préface, où on lit par exemple : « L'image ignore la puissance du dessin et toute peinture vierge de dessin n'est même pas une image ». Utile à faire méditer à quelques-uns.
L'Art et les artistes. 1931/03-1931/07.
EN L'HÔTELJEANCHARPENTIER, 76, faubourg Saint-Honoré. —
Ce mois, qui a vu glorifier Rodin au musée d'Anvers et qui a vu aussi l'entrée au musée de M. Georges Grappe d'un exemplaire de l'édition princeps, rarissime, des Fleurs du Mal, illustré de dessins originaux du grand maître, s'est terminé par une très belle exposition de cent cinquante environ de ses études, réunies par Mlle Judith Cladel au profit de la Mutuelle de la Fédération Française des Artistes. Une telle exposition, comprenant dessins, aquarelles, lavis, ne peut présenter que le plus prodigieux intérêt d'autant plus que ceux-ci datent des dernières années du maître, de cette époque où il étudiait les peintres chinois des XVIe et XVIIe siècles et japonais du XVIIIe. On y voit aussi combien Rodin, génial dessinateur autant que génial sculpteur, était fervent de la beauté des formes féminines et avec quelle étonnante souplesse, avec quelle puissance d'évocation et quelle légèreté rapide et décisive il savait la rendre dans ses expressions et ses attitudes les plus diverses.
L'Art et les artistes. 1928/03-1928/07.
Au salon de 1928 :
SCULPTURE.— Bourdelle est représenté cette année par une Sapho, statue en bronze d'un
style plein de noblesse — que nous reproduisons ici en hors-texte — et par une tête d'homme en pâte de verre d'un modelé admirable. Drivier nous donne un vrai chef-d'œuvre : un Torse de femme (bronze), qui soutiendrait la comparaison avec les antiques ; Guénôt, une Flore (bois) et une jolie statuette en bronze cire perdue ; José Clara, des statues de pierre destinées à la décoration de la place de Catalogne, à Barcelone ; Yvonne Serruys un groupe (pierre),
inspiré du Polyphème d'Albert Samain et destiné au monument du poète, qui sera érigé dans un parc de Lille : toutes ces œuvres sont d'un fort beau style. Parmi les pièces capitales de cette section de sculpture — qui, dans son ensemble, est excellente — voici encore le Torse de femme de Tombros, le nu de Popineau (Après le bain, pierre), les bronzes de Youriévitch, de Dario Viterbo, de Marius Cladel, de Loutchansky, d'Anna Bass ; le Bon Pasteur (bois) de A. Dubos; les études (bronze et pierre) de Vigoureux...
Et puis, des bustes : les Têtes de jeunes filles, d'Arnold, les têtes de Martiniquaise et d'Enfant, de Mme de Bayser-Gratry, les bustes en bronze de Poisson (Mlle M. G.), d'Anna Quinquaud, de Lamourdedieu, de Mme Bernières-Henraux, de D. Bacqué; les bustes en marbre ou plâtre de Saupiquè, Halou, G. Contesse (Mlle M.), le buste de M. An. de Monzie, taillé directement en pierre par Abbal, la Tête de jeune fille, de Marcel Gimond, le masque féminin en terre émaillée d'or, de Mika Mikoun. Côté des animaliers : l’Oie en pierre, de Jean Pavie, la Panthère, en pierre lithographique, de Pompon, le Cheval (bronze), de Mme Berthe Martinie, et enfin le magnifique Chien de berger allemand, en diorite noir, de Mateo Hernandez, que nous avons reproduit et dont nous avons signalé l'incomparable mérite dans notre numéro d'avril (voir page 233).
L'Art et les artistes. 1905/10-1906/03.
Un article sur Manet où nous apprenons qu’il animait le « groupe des Batignolles, qui tint ses assises au Café Guerbois, et où figurèrent les peintres Cézanne, Bazille, Guillemet, Monet, Renoir, Fantin-Latour, les graveurs Desboutins, Belot, le modèle du Bon Bock, les hommes de lettres, Duranty, Zola, Cladel, Philippe Burty.
L'Art et les artistes. 1933/10-1934/02.
Les Rétrospectives.
Les guirlandes, les danseuses, les Pierrots et Colombines, les fêtes galantes de Jules Chéret illuminent de leur féerie aimable et preste la première salle. C'est M. Frantz Jourdain qui a présenté lui-même cette rétrospective qui fait honneur au maître disparu. Un tout autre son donne celle d'A. de la Patellière où il n'y a ni joie ni rire, mais une sorte de tragique profond, un mysticisme qui lui permet « d'exprimer le divin au moyen des signes humains », selon l'expression de M. Roger Brielle, dans la préface de cette rétrospective passionnante et émouvante. Dans la même salle, quelques œuvres de D. O. Widhopff, et six toiles de Georges Menier, — le fabricant de chocolat, — dont trois au moins, un panneau et deux fleurs, sont d'une qualité exquise et d'un goût des plus fins. Marcel Leprin était un peintre pur, fidèle par misère à Montmartre ; il peignait avec sentiment, précision et un peu de naïveté.
Avant le vernissage, nous avions vu une intéressante rétrospective de Marcel-Lenoir, laquelle disparut avant l'ouverture du Salon. Sans doute, Marcel-Lenoir méritait un plus large hommage que celui qu'on lui préparait, mais ce n'était qu'un commencement. Regrettons cependant de ne pouvoir rappeler ici la mémoire d'un des plus beaux artistes de notre temps.
L'Art et les artistes. 1923/10-1924/02. Les Fresques de Lenoir
L'Art et les artistes. 1931/10-1932/02. Lenoir l’actualité et la curiosité
L'Art et les artistes. 1928/03-1928/07.
ATELIER DE MARCEL-LENOIR,86, rue Notre-Dame-des-Champs. —Jusqu'au 31 mars, peintures, dessins, gouaches et aquarelles de Marcel-Lenoir.
L'Art et les artistes. 1933/10-1934/02.
Acquisitions du Musée du Luxembourg
Que ce soit par dons particuliers ou par achat de l'État, les nouvelles œuvres introduites dans cet avant-Louvre qu'est le Musée du Luxembourg ont été choisies avec beaucoup de bonheur et d'éclectisme. Braque et Fernand Léger voisinent avec Bonnard, Derain (Vue de Saint-Maximin), Marquet, Goerg, Luc-Albert Moreau et Dunoyer de Segonzac (Environs de Paris). Parmi ceux qu'on appelle les jeunes : un paysage de la séduction la plus raffinée par Legueult, une Martiniquaise de Planson, un Coin de ferme de Lestrille, une nature morte pleine de bravoure de Charles Blanc, le Nu au foulard bleu, reproduit ici naguère, de Chapelain-Midy, une très belle figure de Roland Oudot.
Nous avons encore noté Péterelle, Yves Alix (la Reddition), Charles Dufresne avec une symphonie de couleurs et de lignes qu'il appelle Galatée, Antral (Pluie au Pont-Neuf). Des dessins et aquarelles provenant du legs Koechlin, et d'autres, de Maillol, Matisse, Bourdelle, Cross, Seurat, Lemordant, Marcel-Lenoir, Bernard Naudin, Boussingault, etc., et la Tête à la Draperie de Jean Peyrissac que nos lecteurs connaissent bien.
En sculpture, on a donné la place d'honneur au Bélier Rétif de Bourdelle et à son bel élan contrasté et symétrique ; et l'entourent des bustes de Despiau, Gimond, Paul Cornet,
Henry Arnold, un beau masque de Coubine, le groupe breton de Bachelet, les chevaux de Jeanne Piffard, une Salomé noyée dans sa chevelure, de Naoum Aronson. Et le chef-d'œuvre : un nu à mi jambe, de jeune fille, cambré, fier, par Maillol.
L'Art et les artistes. 1932/03-1932/07.
Lenoir est présent :
Autour d'une noble académie d'homme par Sicard, se groupent d'autres nus : celui, féminin, aux formes pleines, gracieuses jusqu'à une certaine mais agréable préciosité par Traverse ; celui de D. Bacqué ; les jeunes filles de Sausse, d'Ambrosio, de Lenoir qui ont du charme
Et Marius Cladel aussi :
LA SCULPTURE
Il semble que les formes des nus deviennent plus amples et plus pleines, comme dans la femme à belle allure de Marg. Mackain, celle des Premiers Pas de Biaggi, du Repos de Marius Cladel, dans l'Abondance et dans la Baigneuse de Popineau, et dans la puissante Vénus de Bachelet.