Museo Trotsky

Je n'ai rien écrit sur l'anniversaire de la Révolution d'Octobre. Erreur que je vais réparer en évoquant une cérémonie originale qui vient d'avoir lieu à Mexico à la Maison Trotsky, celle où le dirigeant de la dite Révolution a été assassiné. A cause de l'Argentine je me suis dirigé vers Vazquez Montalban et reprenant son livre sur Moscou de la Révolution (non traduit en France) je retombe à la fin sur son récit de la mort de Trotsky et je me suis alors demandé ce que devenait Leonardo Padura.

Justement il a été invité à la Maison Trotsky pour, avec d'autres, célébrer Octobre 17. Il y a eu aussi l'historien péruvien Gabriel García Higueras. Des centaines de personnes étaient là autour du sympathique Leonardo et j'ai pu comparer le compte-rendu du journal El Pais et celui de La Jornada. El Pais a préféré interroger l'écrivain que de rendre compte de la conférence et nous verrons pourquoi.

padura parle dans la maison Trotsky

Padura a donc répété à David Marcial Pérez qu'il s'est lancé dans son roman L'homme qui aimait les chiens car dans sa jeunesse (les années 80) à Cuba on disait tant de mal de Trotsky qu'il a voulu savoir pourquoi. Puis à 34 ans quand il rendit visite à la Maison Trotsky à Mexico, il fut secoué par une immense émotion. Il y est revenu quinze jours avant la chute du mur de Berlin. Le archives de Moscou s'ouvrirent.

Le romancier ne prétend pas avoir écrit l'histoire du vrai Ramon Mercader car de toute façon personne ne connaît la vérité sur son compte mais un Mercader possible.

Cet assassin ayant vécu ses quatre dernières années à La Havane sous protection soviétique, le livre s'est imposé à lui. Avec trois personnages, Trotsky, Mercader et un jeune écrivain cubain il avait la trame, en s'appuyant sur ses techniques d'auteur de polar pour se lancer dans une œuvre magnifique, définitive, colossale.

 La Jornada a d'abord évoqué le Padura qui à l'université a rendu hommage à ceux qui l'aidèrent pendant la "période spéciale" où il manquait même de papier. Il rendit hommage à Juan Rulfo : "Lequel d'entre nous n'aurait pas aimé écrie une seule des phrases qu'il a réussi à écrire?" Nommé honoris causa de l'Université il a considéré que cet honneur ne lui revenait pas à lui mais à toute la littérature cubaine.

 Dans la Maison Trotsky il s'est agi pour lui de montrer la perversion d'un utopie. "Dans un monde de plus en plus inégal, où tous les codes éthiques ont été cassés, repenser aux vents héroïques de la révolution d'Octobre à Saint Petersbourg nous rappelle jusqu'à quel point il est nécessaire de récupérer cette utopie. C'est fondamental."

Il a tenu à parler du présent.

Montalban dirait que ce n'est pas seulement une perversion d'utopie mais la nécessité de changer d'utopie à cause des nécessités actuelles. JPD