forêt

Geneviève Falgas, pour la conférence de l’ASPC de Castelsarrasin, a développé un thème très original : la vie quotidienne des gardes forestiers de Montech. Grâce à des livrets d’ouvriers sur la période entre 1830 et 1945, livrets dont elle a rappelé qu’ils ont été étudiés par Jean Claude Voisin, elle a su captiver l’auditoire avec des anecdotes, des faits, des moments qui recoupaient tous les éléments de la vie de la forêt. Grâce à cette source si riche et bien analysée nous avons pu saisir en filagramme toute la vie du secteur. Du braconnage à l’arrivée du chemin de fer, de la surveillance à l’activité professionnelle (je pense aux charbonnières par exemple), chaque moment était un condensé de vie locale. La forêt qui peut sembler sans vie est devenue grâce au propos de la conférencière, un thermomètre de l’histoire générale. Qui savait que les locomotives à vapeur provoquèrent de nombreux incendies ce qui explique peut-être l’électrification précoce de la ligne Toulouse-Paris par Orléans (vers 1935) alors que la branche Montauban-Bordeaux passant donc à Castelsarrasin est restée à vapeur vingt ans de plus.

La vie des gardes elle-même a été évoquée avec minutie : de la hiérarchie sévère entre le brigadier, l’inspecteur et le garde central aux conditions de vie dans la maison forestière, il semble clair que tout n’était pas rose. Y compris les moments des deux guerres mondiales.

En même temps, ces livrets étaient très administratifs, si bien que Geneviève Falgas a pu faire observer qu’à travers les décennies, on a l’impression que c’est la même plume qui a rempli les pages. Rigueur du propos, sobriété des observations, et pourtant, en lisant attentivement, on peut même y entendre les bruits de la forêt.

 Une réunion rendue encore plus sympathique par la présence du technicien forestier en charge actuellement de la forêt. Manifestement le nombreux public présent était avide de tout savoir de la vie actuelle et nous avons ainsi eu un bel exemple d’articulation entre l’étude du passé et du présent. La fonction de garde n’existe plus vraiment, transformée qu’elle est en technicien de la forêt. J’ai appris avec grand intérêt que pour que le Conseil général puisse installer sa colonie à Mimizan, il a été obligé d’acheter les forêts voisines, en échange de celle qui lui a été donné dans Les Landes. Ainsi la forêt de Montech s’est agrandie autour des années 1950.

Discussion sur les essences des arbres, sur la faune et la flore (une palombière ?) etc. Pour en arriver à cet constat : à travers les âges ce sont les évolutions économiques qui dictent la vie de la forêt. Dans notre société des loisirs certains voudraient que la forêt devienne un lieu totalement balisé pour les promeneurs, perdant ainsi tout aspect sauvage (même si la forêt est de la main des hommes). Même là il y a des choix à faire. J-P Damaggio

P.S. Sur la photo une trace de la tempête du 31 août 2015 qui a marqué durablement la forêt.