Christian Astruc, le président du Conseil départemental, avait décidé de soutenir les deux conseillers départementaux candidats aux élections législatives et, dans des conditions différentes, les deux ont été battus.

Pour la deuxième circonscription M. Albugues pour les Républicains a été éliminé dès le premier tour dans un contexte à présent bien connu, la mise en valeur du Front national par le PRG. Un premier paradoxe ? Romain Lopez malgré tous ses efforts s'il a amélioré le score du FN par rapport à 2012 (on passe du rapport 60/40 à 55/45) ne pouvait l'emporter. Il a prôné "l'union des droites" face à une candidate qui a affiché pendant sa campagne son lien… avec la droite ! Elle n'a pas hésité en effet a dire à des maires qu'elle a rencontré au cours de sa campagne, que son parti allait s'allier avec le parti radical valoisien, membre de l'UDI. A l'avenir, pour battre Sylvia Pinel, est-ce que nous aurons une "union des gauches" ? Toute stratégie qui veut mettre en avant le seul thème de l'opposition au pouvoir "PRG" est voué à l'échec. L'essentiel doit consister en la construction d'une alternative non aux personnes, mais aux politiques. Le score des candidats France insoumise (presque 14%) place ce mouvement au cœur d'une recomposition claire : non au FN et non au PRG. Un effort politique qui va nécessiter d'élargir encore ce rassemblement.

 Pour la première circonscription M. Mardegan pour LERM a été éliminé au second tour dans un contexte original que j'avais évoqué dans le bilan du premier tour. Quand le ministre PRG est venu soutenir Sylvia Pinel, il est aussi venu soutenir Pierre Mardegan que la victoire de Macron plaçait dorénavant dans la même mouvance, alors qu'au Conseil départemental ils étaient totalement opposés ! Cet échec de Mardegan est à la fois un demi échec et un double échec pour J-M Baylet ! Un deuxième paradoxe ? Un demi-échec puisqu'au Conseil départemental ils vont continuer de se retrouver face à face, et un double échec car face à Macron, Baylet ne peut pas prouver sa toute puissance, autant qu'est réélue… la candidate socialiste !

Au premier tour, dans un contexte de défaite généralisée du PS, Valérie Rabault doit sa victoire à elle-même. Au deuxième tour elle la doit aux circonstances locales, circonstances qui confirment le mélange des genres dans le département. Le dimanche matin de l'élection le journaliste de La Dépêche n'a pas hésité à écrire : "Toute la semaine, plus ou moins ouvertement, de très proches amis du maire (LR) [il aurait pu écrire de la maire] ont appelé à faire barrage à Pierre Mardegan, l'ancien binôme de BB, et à voter pour l'opposante socialiste de Brigitte Barèges au conseil municipal, Valérie Rabault. Ah ! la politique…."

En effet, en terme de politique ce journaliste s'y connaît quand Baylet s'allie avec la dite Barèges !

Bref, Pierre Mardegan est toujours le binôme au Conseil départemental de BB mais ils ne sont plus dans le même camp. Il y a au moins deux autres binômes qui se sont fracturés. Donc en effet, et Valérie Rabault a tenu à le reconnaître, sa victoire a dépassé les clivages habituels. Mais elle ne doit rien… à La Dépêche.

Dans cette circonscription le PS va conserver une implantation importante donc suite au succès de la France insoumise au premier tour (mais loin derrière la candidate PS) il va falloir établir des convergences authentiques quand ça sera possible.

Bilan :

Avec un PRG s'affichant clairement à droite, la vie politique locale à gauche devrait y gagner en clarté pour sortir enfin des paradoxes. J-P Damaggio