Comme Chavez, comme Correa, Morales se pense irremplaçable.

Or, tous, ils ont mis au point des Constitutions qui limitent le nombre de réélections.

Chavez avait donc organisé un référendum pour autoriser une nouvelle candidature. Il l'a perdu. Il en a alors organisé un autre. Il l'a gagné. Il a donc pu se faire réélire mais la maladie est venue interrompre son pouvoir.

Correa en Equateur a tenté d'organiser le même référendum mais de crainte de le perdre il a préféré laisser la place à Lenin Moreno avec un vice-président ami dans l'attente d'un retour à l'élection suivante. Lenin Moreno a décidé d'assumer pleinement son pouvoir.

Evo Morales a organisé un référendum pour se représenter et il l'a perdu. Alors que faire ? Il s'est adressé au Tribunal Constitutionnel qui vient de lui donner le droit de se représenter. Le Pacte de San José du Costa Rica établit comme un droit inaliénable le fait de pouvoir être candidat et élu. Donc la limitation du nombre de candidatures devient anticonstitutionnel ! Cet argument a été utilisé au Costa Rica, au Nicaragua et au Honduras.

Malgré la perte confiance du peuple envers Evo Morales, ce dernier peut espérer l'emporter car la méfiance envers le pouvoir n'est pas mécaniquement proportionnelle à l'intelligence de l'opposition.

Une élection des juges du Tribunal de Justice, du Tribunal Constitutionnel et du Tribunal agro-environnemental vient d'avoir lieu avec une victoire pour les deux camps. L'opposition avait appelé à l'abstention et elle fut massive. Le pouvoir se réjouit du fait que 30% de l'électorat constitue une base solide.

Une fois de plus, au-delà des péripéties électorales, l'évolution en Amérique latine est un événement politique important pour analyser le bilan des gauches au pouvoir. La dénonciation féroce des USA après plus de dix ans de pouvoir de dites gauches et alors que ce pays s'est désengagé largement sur le plan économique, ne peut plus être satisfaisante. J-P Damaggio